Gérard Piasko, responsable de la stratégie d'investissement «private banking» de Julius Bär, est connu pour ses avis charpentés et parfois à contre-courant. Il l'a confirmé jeudi soir devant un parterre de 200 invités à Genève en suggérant aux investisseurs de ne pas se désintéresser des obligations, alors que le consensus actuel privilégie les actions.

«Dans les stratégies d'allocation, notre banque propose une parité obligations/actions», résume Gérard Piasko. D'abord parce que, selon lui, la phase baissière du marché des actions n'est pas terminée. La plus-value de 25% réalisée en 2003 était plus une correction à la hausse qu'un renversement de tendance, et 2004 sera plus volatil (plus ou moins 10%), pronostique le stratège. Il s'agira donc de saisir les opportunités à court terme en se méfiant des évolutions à plus long terme.

Les obligations, elles, bénéficient d'une inflation modérée. Dans les pays industrialisés, cette dernière dépend moins du prix des matières premières que du niveau des salaires. Or, les rémunérations resteront sous la pression des délocalisations et des mesures d'économies, comme en témoigne la faible reprise du marché du travail américain. Le principal danger inflationniste réside dans un retour du protectionnisme. Il existe mais reste faible, pense Gérard Piasko.

Appréciation du dollar à court terme

A propos des monnaies, le stratège de Julius Bär s'attend à une appréciation du dollar à court terme (5 à 10%), suivie d'une nouvelle glissade de 10 à 15%, mais moins brutale que la dernière, la résistance de l'Europe et du Japon à l'appréciation de leur monnaie ayant augmenté.