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Le «nouveau client» horloger fait débat à La Chaux-de-Fonds

Cette espèce en voie de disparition était au coeur de la 20e édition des journées internationales du marketing horloger

Sur les moulures: Berthoud, Jean Richard, Breguet et Jaquet Droz. Sur scène: HYT, MB&F, Corum ou encore Rudy Silva. Jeudi, le théâtre à l’italienne de La Chaux-de-Fonds a réconcilié toutes les écoles horlogères. La salle rouge et or accueillait la vingtième journée internationale du marketing horloger.

Au menu, des débats, du réseautage et même un cocktail dînatoire. La journée avait comme mission d’être «instructive, fructueuse et amusante», à en croire les mots d’introduction du président des journées internationales du marketing horloger.

Le directeur général de Corum Davide Traxler a respecté les consignes. Intervenant en début d’après-midi dans un forum dédié aux «nouveaux clients», aux «nouvelles manières de communiquer» et aux «réseaux sociaux», il a notamment rappelé une sagesse populaire qui a bien amusé le public: «Si quelqu’un te dit que tu es un cheval, c’est qu’il est fou. Si tout le monde te dit que tu es un cheval, essaye l’avoine, ça pourrait te plaire».

Une façon de dire que les marques horlogères doivent rester à l’écoute de leurs clients, même si ces derniers ont parfois des demandes qui vont à l’encontre de l’instinct du seul directeur général.

Lire aussi l’interview de Davide Traxler:  «Depuis qu’elle est chinoise, Corum a été victime de discrimination» (21.02.2016)

Le «nouveau client» et ses trois caractéristiques

Ses deux interlocuteurs ne partageaient pas son avis. Charris Yadigaroglou, chef de la communication pour MB&F, affirmait pour sa part que sa marque «ne pensait jamais au client» lorsqu’elle lançait un nouveau produit. «Aujourd’hui, tout est tellement prévisible dans le développement des produits que ce n’est qu’en ignorant le client que l’on peut créer de la surprise.»

Vincent Perriard, cofondateur de HYT, n’a pas dit autre chose: la démarche de sa société est d’abord technologique, et non commerciale.

Pourtant, ce «nouveau client» existe et continue d’acheter des montres, malgré la morosité actuelle des exportations horlogères. Ses caractéristiques? «Il n’avale plus les bonnes vieilles ficelles marketing, sa bienveillance pour les marques établies s’est transformée en une énorme suspicion et il est impatient», a énuméré Charris Yadigaroglou, mettant finalement tout le monde d’accord.

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