La Confédération ne reste pas les bras croisés non plus aux Etats-Unis. On sait que le Conseil fédéral a adopté au début de l’été une nouvelle stratégie de communication destinée à éviter le développement d’images négatives sur la Suisse à l’étranger. L’accent doit être mis sur les Etats-Unis et l’Allemagne. Un crédit de 2 millions, qui ne sera probablement pas entièrement utilisé, est prévu en 2009 pour la mise en œuvre de ce nouveau concept. Il passera à 2,5 millions en 2010. Une délégation du Conseil fédéral composée des Départements de justice et police, des finances et des affaires étrangères a la responsabilité de cette stratégie, dont la direction opérationnelle appartient aux services de Micheline Calmy-Rey.

Présence Suisse a un rôle important à jouer dans ce dispositif. Depuis le début de l’année, le cahier des charges de cet organisme dépendant du Département des affaires étrangères a été élargi dans le sens d’une communication plus active. Présence Suisse est chargée de soigner les contacts avec les gouvernements, parlementaires, administrations et médias étrangers et il lui appartient de réagir en cas d’atteinte à l’image de la Suisse.

Aucune campagne d’information spectaculaire n’est prévue, mais une utilisation intensive de tous les canaux à disposition pour expliquer la position de la Suisse. Il s’agit, expliquait à fin juin le patron de Présence Suisse, l’ambassadeur Johannes Matyassy, de faire en sorte que «les bonnes personnes entrent en contact au bon moment avec les bonnes personnes et avec le bon message». C’est l’affaire de spécialistes. Un pas vient d’être fait aux Etats-Unis avec le choix de l’agence de communication ad hoc qui sera chargée de mettre en œuvre à Washington cette nouvelle stratégie de communication. L’agence n’aura pas à s’occuper du contenu mais de donner des conseils sur les personnes à convaincre, les réseaux à pénétrer et les canaux à utiliser.

Tâche de longue haleine

Il s’agit d’une tâche de longue haleine, précise-t-on, dans les milieux intéressés. La crise autour du secret bancaire et les tribulations d’UBS ont mis en évidence une lacune en la matière et il faudra bien veiller à ne pas baisser les bras une fois que l’on aura été tiré d’affaire.