La zone euro a montré mardi «une volonté politique de donner une nouvelle chance à la Grèce», a affirmé le nouveau ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, à l’issue d’une réunion avec ses homologues à Bruxelles.

Le ministre, qui a fait de très brèves déclarations à la presse, a aussi évoqué des «progrès» en cours au sein de l’Eurogroupe auquel il venait d’assister, en prélude à un sommet de la zone euro convoqué en urgence après le référendum grec sur les plans de renflouement des créanciers.

Interrogé sur le fait que la Grèce n’avait pas soumis formellement de nouvelles propositions pour un accord avec ses créanciers au cours de cette réunion, Euclide Tsakalotos a jugé que «c’est plus compliqué que cela». Toutefois, d’après une source gouvernementale, la Grèce devrait présenter mercredi un texte de synthèse provisoire, en vue de faire progresser les négociations sur le financement du pays, qui tiendra compte des «propositions des institutions», des «résultats du référendum», et de la position commune des partis politiques grecs définie lundi.

«Les ministres étaient désappointés», des propositions grecques «auraient accéléré les choses […] le temps est encore plus compté qu’avant», a commenté, pour sa part, une source européenne. Avant la tenue du sommet, le Premier ministre maltais Joseph Muscat avait déjà déploré «l’absence de propositions concrètes de la part du gouvernement grec» qui n’aide pas les dirigeants européens. De fait, la zone euro attendait mardi de la Grèce des propositions de réformes «crédibles» pour éviter le scénario du pire au pays qui risque de dériver hors de la monnaie unique.

Euclide Tsakalotos, qui a remplacé le controversé Yanis Varoufakis après sa démission lundi, aurait cependant «plutôt réussi son examen de passage» auprès de ses homologues. «Il a confirmé que la Grèce demande un nouveau programme, à deux ou trois ans comme le demandent les Allemands», a avancé une deuxième source européenne. Plusieurs points devraient être éclaircis demain par le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Alexis Tsipras attendu à Strasbourg

Le Premier ministre grec s’exprimera en effet mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg, trois jours après le référendum en Grèce qui a rejeté un plan de réformes des créanciers du pays (UE et FMI).

Le président du Parlement européen Martin Schulz a confirmé sur son compte twitter la présence d’Alexis Tsipras lors d’une session du parlement consacrée aux négociations en cours entre la Grèce et ses créanciers. Plusieurs parlementaires européens avaient souhaité pouvoir entendre le Premier ministre grec sur ces questions, comme ils ont pu le faire mardi avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Le débat aura lieu à 09h45 locale (07h45 GMT). Le groupe ALDE (libéraux) du Parlement européen a notamment estimé dans un communiqué mardi qu’il était «grand temps qu’Alexis Tsipras prenne ses reponsabilités et explique aux citoyens européens ce qu’il comptait faire pour maintenir intacte l’Eurozone».

Une intervention du Premier ministre grec devait avoir lieu fin jun mais avait été annulée en raison des négociations alors en cours à Bruxelles entre la Grèce et ses créanciers. Après le référendum dimanche qui a donné la victoire au camp des opposants aux dernières réformes proposées par l’UE et le FMI, les responsables grecs ont retrouvé pour la première fois leurs partenaires européens à Bruxelles mardi.