Swissmetal a fortement accru sa rentabilité en 2004, une année pourtant marquée par une crise financière et une grève à Reconvilier (BE). Le chiffre d'affaires brut a bondi de 20% à 204,8 millions de francs. Dans un communiqué publié jeudi, le groupe métallurgique soleurois dit s'attendre à avoir dégagé un résultat d'exploitation (EBIT) entre 5 et 10 millions de francs, contre 1 million en 2003.

Le résultat après impôt devrait être «encore meilleur» (perte nette de 6,9 millions en 2003). Swissmetal explique son retour aux chiffres noirs par sa restructuration financière – une augmentation de capital de 51,3 millions de francs, acceptée par les actionnaires à la fin juin. L'entreprise, alors surendettée, a pu assurer sa survie. Swissmetal a dû abandonner son site allemand et supprimer quelque 30 emplois. 787 personnes étaient employées fin 2004.

Le groupe a vécu une sévère crise en novembre, lorsque le personnel de Swissmetal Boillat à Reconvilier a cessé le travail, réclamant le départ du patron du groupe, l'Allemand Martin Hellweg. L'affaire a finalement trouvé un dénouement après une semaine. Le directeur du groupe s'est vu encadrer de trois adjoints, dont un pour l'usine du Jura bernois (environ 400 collaborateurs), dont la poursuite des activités a été confirmée.

Si 2004 s'est achevée sur une performance clairement positive, les perspectives sont en revanche pessimistes pour cette année. «Le niveau des commandes pour les deux premiers mois de l'année est nettement inférieur à celui très élevé du début 2004», a précisé Swissmetal. L'action a perdu près de 8% jeudi.