Du tourisme au design, les exportations de services entre les pays ont crû de façon continue au cours de la dernière décennie. Le monde du commerce et des affaires se transforme au fur et à mesure que les avancées technologiques et l’accroissement de la prospérité modifient les modes d’achat des consommateurs et le fonctionnement des entreprises.

Avec une croissance plus rapide que les échanges de biens et moins sensibles aux fluctuations économiques, les services ouvrent des perspectives encourageantes dans un contexte global autrement morose.

Services difficiles à mesurer

Cependant, mesurer l’ampleur des échanges de services peut se révéler complexe, car les données disponibles sont limitées et fragmentées. Suivre des colis de produits finis et des livraisons de matériaux envoyés à l’autre bout du monde est relativement simple en comparaison.

Le commerce des services englobe un large éventail d’activités, dont beaucoup font partie intégrante d’autres secteurs, tels que la construction ou le transport, ou se traduisent par des transferts de données via Internet, à l’instar des téléchargements de musique et de films ou des services de design ou de conseil juridique.

Il peut être difficile de quantifier les volumes de services livrés par une entreprise locale affiliée à un groupe basé dans un autre pays. Comment différencier la partie service d’une entreprise qui vend des éoliennes et des prestations d’entretien à ses clients?

44% des exportations britanniques

Dans le cadre d’une nouvelle recherche réalisée pour le compte de HSBC, les équipes d’Oxford Economics ont examiné un certain nombre de sources de données afin d’analyser le rôle du commerce des services dans l’économie internationale actuelle et de modéliser son importance dans les années à venir. En plus de prédire que les services représenteront un quart du commerce mondial en 2030, le rapport montre aussi l’importance qu’ils ont prise pour l’économie de certains pays.

Les économies avancées comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, le Japon et l’Irlande sont des exportatrices de services d’envergure depuis plusieurs années déjà. Au Royaume-Uni par exemple, les services représentent 44% des exportations totales – contre 30% en 2000 –, et ceci malgré le ralentissement dans les exportations de services financiers suite à la crise financière de 2008-2009.

La finance, premier secteur d’exportation

Bien que la finance reste au premier rang des exportations de services britanniques, d’autres services tels que la publicité, le design et l’architecture ont connu une belle croissance.

Mais si le Royaume-Uni, les États-Unis et d’autres dominent actuellement le marché mondial des services, la concurrence de pays émergents comme l’Inde et la Chine se ressent de plus en plus.

Le tourisme est un acteur important du secteur des services dans beaucoup de ces pays, dont la Chine, qui est par ailleurs le troisième plus grand exportateur de services, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. Et les efforts des autorités chinoises visant à rééquilibrer l’économie du pays vers la consommation devraient encore contribuer à faire grandir la part des services.

L’Inde positionnée sur une niche

L’Inde, de son côté, a réussi à se trouver une niche: en capitalisant sur une main-d’œuvre compétente et parlant l’anglais, le pays a su développer une industrie de services informatiques et technologiques florissante, à laquelle des banques et des entreprises du monde entier font appel. Aujourd’hui, les services sont l’un des principaux moteurs de l’économie indienne et représentent 36% de ses exportations.

À l’avenir, il est probable que l’Inde et la Chine gagnent davantage de parts du marché des services aux dépens des économies développées, en tirant profit d’une classe moyenne de plus en plus mobile et en pleine croissance, et en renforçant leurs investissements dans leurs infrastructures numériques.

Les avancées technologiques promettent également de modifier les habitudes d’achat dans d’autres marchés. Ainsi, la réalité virtuelle pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs dans un certain nombre d’activités de service, de l’industrie du jeu et du divertissement à l’éducation en passant par le commerce en ligne.

Internet fait disparaître des barrières

Des barrières restent à lever cependant. Les modifications de la politique commerciale américaine évoquées par Donald Trump, sur le point de devenir le nouveau président des États-Unis, et la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne génèrent des incertitudes concernant l’évolution des taxes sur les biens et services. À cela s’ajoutent les retards dans la mise en œuvre des accords commerciaux négociés en Asie et en Amérique.

En contrepartie, nous voyons disparaître d’autres barrières à la croissance des exportations de services: aujourd’hui, Internet permet aux plus petites entreprises de commercer facilement avec d’autres continents, et la technologie facilite le commerce des services. Ces facteurs combinés devraient faire encore grandir la part des exportations invisibles dans l’économie globale au cours des prochaines années.


*Responsable mondial pour le financement du commerce international et factoring, HSBC