Plusieurs indices d'actions du Moyen-Orient ont plongé sous l'effet d'un conflit particulièrement meurtrier, mais d'autres baissent depuis la fin 2005. Il n'est toutefois pas aisé d'obtenir une vue d'ensemble des principaux marchés d'actions de cette région. La vision est souvent partielle et se concentre sur un pays, l'indice de Dubaï, par exemple, dont le niveau a été divisé par 3 depuis le record de 2005. Ou alors l'indice censé représenter la région dépasse les contours du Moyen-Orient et inclut par exemple le Maroc et la Turquie, selon Irène Brunner, responsable des produits structurés d'ABN Amro, à Zurich.

L'intérêt pour cette région tient à ses efforts de diversification. La croissance économique est alimentée par l'énergie, mais le pétrole ne forme qu'une pièce du puzzle. Plusieurs pays ont pris des mesures importantes de libéralisation de leurs marchés financiers, comme l'Egypte, le Koweït et Dubaï, ou d'autres secteurs, comme les télécommunications. Pour diversifier leurs richesses, certains ont développé des projets d'infrastructures parfois gigantesques. Ce sont d'ailleurs les pays qui ont diversifié leur économie qui présentent la plus forte croissance économique. Le PIB non pétrolier de la région progresse à un rythme de 8% en 2006. C'est dans cet environnement qu'ABN Amro a créé un nouvel indice sur le Moyen-Orient, l'«ABN Amro Middle East Total Return Index». L'émission de produits structurés sur cet indice devrait survenir dès aujourd'hui, avec des certificats en différentes monnaies.

L'indice se limite aux 30 plus grandes capitalisations boursières des pays suivants: Bahreïn, Egypte, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar et Emirats arabes unis (EAU). Aucune société libanaise ne fait partie de l'indice pour l'instant. On peut toutefois être surpris de l'absence de l'Arabie saoudite, la plus grande capitalisation boursière des pays émergents. Mais les limitations imposées aux investisseurs étrangers dans l'accès à la propriété de titres empêchent son inclusion dans l'indice, selon la banque. La plus grande capitalisation revient à Emaar Properties. Le secteur immobilier de cette région est actuellement le plus dynamique de la planète et représente 7,2% du PIB des EAU.