Place financière

Nouveaux actionnaires à la Banque Pâris Bertrand Sturdza

Le groupe Investcorp Europe entre au capital, de même que trois familles d’entrepreneurs, dont celle de Bernard Fornas, l’ex-directeur de Richemont. Avec le retrait du banquier Eric Sturdza, la banque change de nom

Nouvelle étape dans la croissance de la Banque Pâris Bertrand Sturdza. Lancé à Genève en 2009, en pleine crise financière, l’établissement s’apprête à changer de nom, puisque le patronyme Sturdza ne figurera plus dans sa raison sociale dès ces prochains jours. Le banquier Eric Sturdza a cédé ses parts, après avoir été un actionnaire financier de la première heure mais sans avoir jamais exercé d’influence opérationnelle. Les deux cofondateurs, le directeur Pierre Pâris et le vice-directeur Olivier Bertrand, ont dorénavant le contrôle total sur l’établissement, qui compte 5,4 milliards de francs d’avoirs, pour une cinquantaine de collaborateurs à Genève et au Luxembourg.

«Eric Sturdza nous a beaucoup aidés lors de la création de la banque; nous avons notamment utilisé les services de back-office de son établissement au cours des six premières années. Mais depuis que nous avons décidé de sous-traiter ces services à un nouveau partenaire en 2015, la question de la composition de notre actionnariat s’est posée», expliquent au Temps les deux hommes, dans les nouveaux locaux de la banque, rue du Rhône 30 (anciennement occupés par la banque Syz).

Gamme élargie

Rebaptisée Pâris Bertrand, la banque accueille donc de nouveaux actionnaires. Il s’agit en premier lieu du groupe Investcorp Europe, basé à Bahreïn et spécialisé dans les produits d’investissement alternatifs. «Investcorp Europe nous apportera son offre de produits alternatifs, ce qui complétera notre gamme, et nous pourrons nous appuyer sur leur très large réseau au Moyen-Orient, en Asie ou aux Etats-Unis. Il ne s’agit en aucun cas d’une opération de private equity de la part d’Investcorp, qui n’aura aucun siège au conseil d’administration et ne sera pas impliqué dans l’opérationnel, précisent encore Pierre Pâris et Olivier Bertrand. En devenant partenaires d’une banque privée qu’ils apprécient, les dirigeants d’Investcorp pourront eux aussi proposer un service complémentaire à leur offre, dans la gestion de fortune.»

Le groupe affiche 21 milliards de dollars d’avoirs sous gestion et vise les 25 milliards d’ici cinq à sept ans, selon une interview de son directeur, Rishi Kapoor, à Private Equity International. Dans le private equity, une discipline dans laquelle Pâris Bertrand s’implique beaucoup, les clients de ce dernier auront accès aux prochains investissements directs d’Investcorp, qui a par le passé effectué des opérations remarquées avec le joaillier Tiffany & Co., la marque de luxe Gucci ou encore l’horloger suisse Breguet, revendu à Swatch Group en 1999.

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Actionnariat familial

Trois familles d’entrepreneurs européens entrent également au capital de Pâris Bertrand, dont celle de Bernard Fornas, l’ancien codirecteur général de Richemont. Il continuera à siéger au conseil d’administration. L’identité des deux autres familles n’a pas été rendue publique, ni le montant de leur participation dans la banque.

«Généralement, le calcul du prix d’un tel investissement repose essentiellement sur la rentabilité actuelle et future de la banque, explique un spécialiste des fusions-acquisitions bancaires, qui ne s’exprime pas sur ce cas précis. On peut aussi utiliser d’autres indicateurs comme la masse sous gestion, plutôt pour valider les estimations.»

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Selon lui, une banque de gestion de taille moyenne s’échange généralement à un multiple de 8 à 12 fois son bénéfice net annuel. Sachant qu’on penchera plutôt vers le haut de la fourchette pour un établissement en pleine croissance. «En revanche, lors de l’acquisition d’une part minoritaire du capital d’une banque, on applique une décote dite de minorité, qui s’échelonne entre 20% et 40%», précise notre interlocuteur. La banque Pâris Bertrand ne publie pas ses chiffres.

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