La bourse de Shanghai n’a pas fait bon accueil jeudi au nouveau pouvoir chinois intronisé le matin même et qui sera aux commandes durant les dix prochaines années. Elle a chuté de 1,2% pour atteindre son plus bas niveau depuis sept semaines. Les spécialistes de l’Empire du Milieu estiment que la nouvelle équipe ne se précipitera pas pour mener des réformes et libéraliser l’économie comme le souhaitent les investisseurs. Ces derniers croient aussi qu’elle sera réticente aux mesures de relance en cas de ralentissement et tolérera plus facilement un taux de croissance «normal» à l’avenir.

Le président élu, Xi Jinping, hérite d’une économie qui, en 2012, connaîtra un taux de croissance ralenti à 7,7%, soit le plus faible depuis 1999. Après avoir atteint un sommet de 14% en 2007, l’économie chinoise a été frappée de plein fouet dans le sillage de la crise financière aux Etats-Unis et en Europe de 2007-2008, et qui s’est prolongée en 2012.

Le prédécesseur de Xi Jinping, Hu Jintao, a présidé sur une décennie de boom économique qui a notamment aidé des millions de Chinois à sortir de la pauvreté et à créer une classe moyenne qui est convoitée pour son pouvoir d’achat. Les dix dernières années ont aussi été marquées par l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce, ce qui a propulsé le pays au rang du premier exportateur, puis au rang de deuxième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis.

Après la crise de cette année, l’économie chinoise se prépare à une reprise dès l’an prochain. Le Fonds monétaire international table sur un taux de croissance de 9%. En réalité, plusieurs chiffres publiés ces derniers jours laissent entrevoir un rebond. La production industrielle s’est accélérée en octobre, à 9,6% par rapport au mois précédent, mais sur les dix premiers mois de l’année, la hausse est de 10% par rapport à la même période l’an dernier. Idem pour les ventes au détail – un indicateur qui jauge la consommation des ménages –, qui ont augmenté de 14,1%. Enfin, les investissements en capital fixe, soutenus par des mesures d’impulsion à l’activité, ont légèrement augmenté cette année par rapport à 2011. Parallèlement, l’inflation, qui était devenue un souci au début de l’année, continue à fléchir. Elle chute à 1,7% en rythme annualisé. Selon des analystes, cette évolution donne une marge de manœuvre aux autorités chinoises pour soutenir l’économie, notamment en ouvrant le robinet du crédit.

En réalité, plusieurs chiffres publiés ces derniers jours laissent entrevoir un rebond