La région lausannoise est touchée de plein fouet par les restructurations. Jeudi dernier, la maison de vente par correspondance Veillon annonçait devoir fermer boutique. La veille, le groupe Kodak prévenait qu'il allait probablement faire de même avec son unité de Renens. On sait également que Bobst n'exclut plus de procéder à des licenciements dans le cas où la conjoncture économique viendrait à ralentir.

Lundi, le fabricant de machines d'emballages Sapal (SIG) a quelque peu adouci le tableau. L'entreprise a renoncé à 14 licenciements, sur un total de 33 annoncé début octobre, suite à des négociations entre la direction et le syndicat. A noter qu'un plan social d'une valeur de 1,7 million de francs a aussi été adopté chez Veillon. Il n'empêche, des centaines d'emplois disparaissent chaque année dans le canton de Vaud. Son taux de chômage atteint aujourd'hui 5,3%, contre 3,7% pour la moyenne suisse.

Tout n'est pas noir pour autant. «Nous sommes en négociations avancées avec une dizaine de sociétés internationales qui pourraient chacune créer entre 50 et 200 postes de travail», affirme Francis Sermet, responsable du développement économique du canton de Vaud. De plus, les locaux de Veillon seraient sur le point de trouver un repreneur. «Les nouvelles entreprises vont largement compenser les emplois perdus chez Veillon et dans les autres firmes», souligne le responsable.

Correspondre au marché

Il met en avant les résultats obtenus avec les sociétés étrangères: «Quarante-quatre entreprises se sont implantées en 2002. Ce chiffre est passé à 59 en 2003 et un nombre similaire est attendu pour l'année en cours.» Sans surprise, le secteur tertiaire profite le plus de ce mouvement. Près de 30% des nouvelles implantations concernaient les services financiers, et 14% étaient des centres administratifs de multinationales. Au-delà, les technologies de l'information et les biotechnologies comptaient à hauteur de respectivement 17% et 7% du total. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la Suisse n'a été aussi attractive qu'aujourd'hui», ajoute Francis Sermet.

Une question se pose alors. Pourquoi diable le chômage reste-t-il si élevé? «Il y a souvent inadéquation entre les postes créés et les personnes se trouvant sans emploi», continue Francis Sermet. Les sociétés étrangères s'établissant en Suisse créent des postes à forte valeur ajoutée qui nécessitent un haut niveau de formation (experts-comptables, ingénieurs, etc.). «Ce mouvement est inéluctable au vu du niveau élevé des coûts salariaux», souligne-t-il. En clair, les chômeurs les moins qualifiés ne correspondent plus aux besoins du marché.

Un grand nombre de personnes sont concernées. «Près de la moitié des gens à la recherche d'un emploi sont peu qualifiés, explique Philippe Sordet, chef du Service de l'économie, du logement et du tourisme vaudois. Il insiste sur la nécessité de créer des postes pour cette catégorie de salariés. «A côté des sociétés étrangères et des jeunes pousses techno locales, nous mettons aussi l'accent sur la création de postes exigeant des connaissances moins pointues», assure-t-il. Il donne l'exemple du centre de tri postal pour la Suisse romande et du complexe logistique de la Coop qui sont en train de voir le jour en terre vaudoise. «Nous nous sommes battus pour ces dossiers», assure-t-il.