En Chine, importations et exportations battent de l’aile. Contrairement aux attentes de la ­majorité des économistes, le pays a vendu moins de marchandise en valeur en juin 2013 qu’en juin 2012. La baisse est de 3,1%. Les importations, elles, ont baissé de 0,7% sur un an. En mai déjà, les chiffres du commerce extérieur avaient été décevants, mais cela avait été imputé, en partie, à la campagne lancée par les autorités pour mettre un terme à des pratiques frauduleuses dans la région de Hongkong, qui permettaient de faire rentrer des ­liquidités sur le territoire par le biais de fausses déclarations ­d’exportations et d’importations. Les chiffres publiés hier matin par l’administration chinoise des Douanes semblent plutôt confirmer que le ralentissement chinois continue.

D’après une enquête du Ministère du commerce, 83% des exportateurs affirment que leurs bénéfices sont en baisse, la moitié constatent une diminution de leur carnet de commandes, et 38% n’osent plus s’engager sur des livraisons à long terme en raison de la hausse de la devise chinoise, qui érode leur marge – car ils sont le plus souvent payés en dollars. Ils sont d’ailleurs 70% à estimer que c’est d’abord la hausse du yuan qui a pénalisé leur activité. Et un quart se disent en déficit.

Quant à la diminution des flux entrants, elle est tout aussi problématique, puisqu’elle est révélatrice des tendances futures. Cette statistique apparaît en ligne avec une autre, annoncée mardi: les prix à la sortie des ­usines sont en baisse prononcée (de 2,7%). Ce qui traduit vraisemblablement l’inadéquation entre une demande insuffisante et une offre en situation de surcapacité. Les secteurs des chantiers navals, de la sidérurgie ou même des écrans LCD semblent particulièrement sinistrés. Mais à ce stade, il ne semble pas que le taux de chômage soit à la hausse. Et Louis Kuijs, économiste Chine chez RBS, note que les industries liées à la demande chinoise, et non à la réexportation, ont vu leurs importations mieux résister.

Objectifs non atteints

Dans ce contexte, les regards se tournent vers le gouvernement. Celui-ci ayant répété, ces derniers mois, qu’il fallait rééquilibrer l’économie chinoise quitte à tolérer un rythme d’expansion économique moins rapide, de plus en plus d’économistes font désormais le pari que l’objectif d’une croissance à 7,5% pour 2013 ne sera pas atteint. Ce serait la première fois depuis 1998. Pékin le tolérera-t-il? Hier encore, le premier ministre, Li Keqiang, s’est voulu rassurant en publiant un communiqué dans lequel il juge le rythme de croissance actuel satisfaisant.