Managing partner chez Quantis Asset Management, société de gestion suisse spécialisée dans les gestions de type quantitatif et gérant des fonds PFM Systematic et PFM Dynamic Equity

De nombreuses études ont été réalisées sur le comportement des marchés en fonction des saisons, des mois de l’année, des jours de la semaine ou encore des jours fériés. Il s’agit généralement d’approches empiriques: à partir de l’étude du comportement des prix dans le passé, on va constater un phénomène statistique significatif.

Le plus connu de ces comportements des prix est le fameux dicton «Sell in May and go away» pour lequel l’étude des rendements est assez impressionnante. On peut citer également l’«effet janvier»: le mois de janvier serait un mois particulièrement haussier, surtout lorsque la première séance de l’année est elle-même haussière.

Une difficulté de ces phénomènes statistiques est d’y trouver une justification rationnelle. En effet, certains défenseurs de la théorie de l’efficience des marchés peuvent rétorquer que ce ne sont que de pures coïncidences statistiques et qu’elles se basent finalement sur des échantillons assez faibles. Il est donc tentant d’essayer de donner des explications à ces phénomènes statistiques.

On explique, par exemple, la hausse du mois de janvier par une particularité du système fiscal américain, les opérations de window dressing et une collecte positive de capitaux en janvier.

L’étude du comportement des marchés au moment des principaux jours fériés montre que les bourses ont souvent une forte tendance à monter la veille et le lendemain des principaux jours fériés en Occident.

Par exemple, le premier jour de bourse après le jour de Noël est statistiquement haussier; il en est de même pour le premier jour de bourse après le premier de l’An. L’explication avancée est de nature psychologique: les opérateurs, après ces jours de fête, auraient plutôt bon moral et seraient ainsi plus enclins à acheter qu’à vendre…

Avec l’émergence des marchés asiatiques, il nous a paru intéressant d’étudier leur comportement au moment du Nouvel An chinois. La hausse des marchés se vérifie-t-elle également?

Le Nouvel An chinois est basé sur le calendrier chinois qui est un calendrier luni-solaire. Ceci signifie notamment que la date du Nouvel An chinois varie d’une année sur l’autre mais est toujours comprise entre le 21 janvier et le 20 février.

Il s’agit d’une fête très suivie dans beaucoup de pays asiatiques. Les familles en profitent pour se réunir à cette occasion, d’autant plus qu’il y a plusieurs jours fériés consécutifs (trois, voire cinq dans certains pays).

Les marchés actions asiatiques étant des marchés assez jeunes, nous avons fait le choix de limiter l’étude à l’indice Hang Seng de la bourse de Hongkong (indice asiatique parmi les plus anciens… et candidat idéal à une étude sur l’impact du Nouvel An chinois).

Nous démarrons l’étude en 1987 et la terminons en 2012, soit 26 années d’étude (voir tableau). Chaque année, nous cumulons la performance de l’indice HSI réalisée la veille et le lendemain du pont du Nouvel An chinois. La durée de la position est donc de quelques jours (veille des jours fériés + jours fériés + lendemain des jours fériés).

Les chiffres sont flatteurs; nous attirons cependant l’attention du lecteur sur le fait que l’application de cette stratégie en 2008 aurait généré une perte de 9,03%. Par ailleurs, l’indice HSI s’est fortement apprécié sur la période (il est passé de 2540 le 2 janvier 1987 à 20 501 le 27 janvier 2012).

Que penser de cette étude? Il s’agit bien sûr d’une étude empirique portant sur un échantillon limité. Il faut donc rester humble et prudent. Cependant, ces chiffres interpellent d’autant plus qu’ils sont confirmés par d’autres analyses (autres jours fériés ou bien autres phénomènes repérés). Pour cette année 2013, le Nouvel An chinois est le 10 février.

On explique, par exemple, la hausse du mois de janvier par une particularité du système fiscal américain et une collecte positive de capitaux en janvier