C’est un signe qui ne trompe pas. Fin mars, lorsque Apple présentait son nouvel iPad, la société parlait, au début de son communiqué, d’un appareil «plus performant» et d’une «mise à jour de son iPad le plus populaire». Pas de qualificatifs dithyrambiques, pas de révolution annoncée. Non, la société dirigée par Tim Cook le reconnaissait elle-même, cette tablette est une simple évolution par rapport aux modèles précédents.

Commençons par le prix. Cet iPad de sixième génération coûte 379 francs pour sa configuration de base (wi-fi et 32 Go de mémoire), soit 10 francs de moins que le modèle lancé l’année passée. Ce nouvel iPad est le moins cher vendu actuellement par Apple, qui décline sa gamme en quatre modèles: l’iPad Mini (avec écran de 7,9 pouces de diagonale, 128 Go) vendu dès 459 francs, l’iPad Pro avec un écran de 10,5 pouces (dès 64 Go) vendu dès 747 francs, son grand frère l’iPad Pro 12,9 pouces (dès 897 francs pour une mémoire de 64 Go) – et enfin le nouvel iPad 9,7 pouces (soit 24,25 cm de diagonale).

Différences de prix injustifiées

Nous pouvons presque déjà passer à la conclusion: celui qui souhaite un iPad pour un usage normal doit opter pour l’iPad 6. Car les deux modèles Pro, sensiblement plus chers, proposent une valeur ajoutée minime: un processeur un peu plus puissant, un écran de meilleure qualité avec traitement antireflet et un capteur photo plus récent.

De petites différences, donc, qui se sont amenuisées cette année car l’iPad 6 prend désormais lui aussi en charge le Pencil d’Apple, ce long stylet permettant de prendre des notes et de dessiner. Attention, cet accessoire n’est pas livré d’office avec la tablette: il faut débourser pas moins de 109 francs pour l’acquérir. Sur ce marché, il existe bien le Crayon de Logitech, mais cette société ne le vend pour l’heure qu’aux Etats-Unis, au prix de 49 dollars.

Un Pencil efficace

Revenons sur le Pencil: comme nous avons déjà pu le constater avec un iPad Pro, ce stylet fait des merveilles. Le trait est plus ou moins foncé selon que l’on appuie plus ou moins fort sur l’écran, il est possible de crayonner en inclinant l’accessoire et plusieurs logiciels, tel MyScript Nebo, permettent de convertir les notes manuscrites en textes dactylographiés. C’est très efficace, mais ce stylet s’adresse a priori à un public assez restreint: des designers, des architectes, des étudiants, des graphistes, des dessinateurs… A noter que le Pencil a quelques défauts: il n’a pas d’indicateur de niveau de batterie (il se charge via le port Lightning), il glisse assez facilement des doigts et il n’y a pas de possibilité de l’attacher à l’iPad. Seule solution: acheter une fourre pour y glisser les deux appareils.

Côté performances, rien à dire: Apple a inséré un processeur plus puissant, qui permet d’utiliser sans souci des applications de réalité augmentée, par exemple. L’autonomie officielle est de dix heures, et l’on parvient, en utilisation normale, à environ neuf heures. Côté photo, les performances du capteur arrière (résolution de 8 millions de pixels) sont bonnes, mais celles du capteur avant (seulement 1,2 million de pixels) laissent logiquement à désirer. Bien évidemment, ces performances sont en deçà de celles des modèles Pro, mais comme on l’a vu, leur prix est beaucoup plus élevé.

Peu de concurrence sur ce segment

Comment se situe cet iPad 6 par rapport à ses concurrents? Si l’on observe des modèles de taille comparable sur le site de Digitec, on constate que plusieurs tablettes tournant avec Android (le système de Google) sont sensiblement moins chères: citons la Galaxy Tab E de Samsung (8 Go, 166 francs) et la MediaPad T3 de Huawei (16 Go, 199 francs). Ces tablettes offrent des performances en deçà de l’iPad 6.

Dès lors, faut-il craquer pour la tablette d’Apple? Si vous possédez déjà un iPad, certainement pas: la différence par rapport aux modèles lancés ces trois dernières années ne justifie pas cet investissement, à moins que l’on souhaite absolument utiliser le stylet. Sinon, cet iPad 6 est intéressant de par son prix et ses performances, au-dessus de la moyenne.

Il faut bien entendu réfléchir aux usages que l’on souhaite en faire – pour de nombreuses tâches, un ordinateur s’impose toujours – et vérifier, en comparant des modèles en magasin, que l’on n’a pas besoin d’un modèle avec un écran un peu plus petit. Car sur le marché des tablettes avec un écran de 7 pouces de diagonale, la concurrence est beaucoup plus agressive.