UBS a fixé jeudi les conditions définitives de sa nouvelle augmentation de capital. Le numéro un bancaire suisse, embourbé dans la crise du crédit, a établi le prix d'émission à 21 francs par nouvelle action, une décote de 31,4% au regard du cours de la veille.

L'opération, qui entraînera l'émission de quelque 760,3 millions de nouvelles actions nominatives d'une valeur nominale de 10 centimes, devrait permettre à UBS de lever 15,97 milliards de francs, a indiqué la banque. Les actionnaires recevront un droit de souscription pour chaque action en leur possession.

Toutefois, il leur faudra détenir vingt droits de souscription, soit autant de titres, pour obtenir sept nouvelles actions au prix de 21 francs l'unité. Dans leurs premiers commentaires, les analystes ont plutôt jugé bas le montant de 21 francs.

Reste qu'il a dépassé la fourchette des estimations les plus pessimistes, qui oscillaient entre 17 et 20 francs. Les observateurs les plus optimistes s'attendaient à un prix de 24 à 25 francs. UBS aura donc emprunté la voix médiane.

Mercredi, ces spéculations ont plombé le titre, ce dernier ayant clôturé la séance à la bourse suisse sur un plongeon de 3,5% à 30,64 francs. Alors que l'action UBS n'a perdu pas moins de 39% de sa valeur depuis janvier, certains analystes craignaient que cette chute ne contraigne l'établissement à émettre plus de titres pour atteindre le montant de 15 milliards de francs autorisé par l'assemblée générale ordinaire du 23 avril.

Incertitude levée

A la faveur de cette augmentation de capital, l'établissement lève l'une des principales incertitudes qui pénalise son action, a commenté la banque Wegelin, qui souligne cependant que ce rabais octroyé aux porteurs «ne devrait pas tromper sur le fait qu'actuellement les actions UBS ne rapportent pas grand-chose». Les investisseurs attendent désormais la direction du groupe au tournant pour mesurer l'efficacité des mesures de réorganisation.

Malgré le soulagement des spécialistes, le cours de l'action UBS fluctuait fortement jeudi, avant de clôturer à 30,98 francs. Selon les courtiers, ces mouvements de cours tiennent vraisemblablement à l'abondance des droits de souscriptions émis, que les investisseurs déçus remettent immédiatement en vente.

A Zurich et à New York

Ouvert à tous les actionnaires, ce second renflouage d'UBS fait suite à celui de février qui lui avait permis de lever 13 milliards de francs, dont 11 milliards injectés par le fonds d'Etat singapourien GIC. Les droits de souscription seront négociés à la bourse suisse et à celle de New York du 27 mai au 9 juin. Ils pourront être exercés du 27 mai au 12 juin, alors que la livraison des nouveaux titres est prévue pour le 17 juin. L'émission a été entièrement souscrite par un syndicat bancaire dirigé par JPMorgan, Morgan Stanley, BNP Paribas et Goldman Sachs.