Quatrième annulation. Après 2020, 2021 puis 2022, le Salon international de l’automobile de Genève (ou Geneva International Motor Show, Gims) ne se tiendra pas à Genève en février 2023. Les organisateurs ont annoncé ce jeudi en début de soirée leur décision de bâcher à nouveau. Ils évoquent les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales, ayant empêché de nombreuses marques de s’engager.

«En raison des incertitudes qui pèsent sur l’économie et la géopolitique mondiales, de même que des risques liés à l’évolution de la pandémie, les organisateurs ont décidé de se concentrer exclusivement en 2023 sur la planification de l’événement à Doha», explique Maurice Turrettini, président de la fondation du Salon, cité dans un communiqué.

Peu de précisions pour 2024

Cette décision a été prise par les membres du Comité et du Conseil de la fondation lors d’une réunion jeudi à Berne. Le salon de Genève devait initialement se tenir du 14 au 19 février 2023 à Palexpo.

Interrogé par l’agence ATS, le directeur général du Gims, Sandro Mesquita, a souligné qu’aucune décision n’a encore été prise pour l’édition de 2024 à Genève. «Les premiers échos sont toutefois rassurants et la tendance positive. On attend une reprise plus intéressante pour le secteur automobile pour fin 2023/début 2024».

Le directeur en avril dernier: «Sans édition en 2023, il sera extrêmement compliqué de survivre»

Les organisateurs avaient présenté leur formule 2023 en avril dernier. Le Salon serait un peu plus court, six jours au lieu de dix, et il aurait lieu un peu plus tôt que naguère, où il ne nichait au milieu du mois de mars.

A Radio Lac en avril, Sandro Mesquita se montrait cependant assez clair sur les conséquences d’une quatrième annulation: «Si on n’arrive pas à revenir avec un Salon en 2023, il sera extrêmement compliqué de survivre, cela posera la question de la relevance [sic, pour «pertinence»] du Salon, il faut être clair. En plus, il y a un effet financier; cela fait trois ans que nous ne produisons pas de revenus, nous n’avons pas des ressources qui nous permettraient de tenir sans un Salon. Il est donc important que nous arrivions à redémarrer en 2023.»

En février déjà, à la Revue automobile, Sandro Mesquita tranchait: «Si nous ne pouvons pas revenir avec un Salon de Genève en 2023, l’aventure sera terminée.»

«Une mauvaise nouvelle pour Genève»

Présidente de la fondation Genève tourisme et congrès, Sophie Dubuis a jugé sur les ondes de la RTS que «c’est une très mauvaise nouvelle pour Genève, et une grande déception, surtout au regard du fait que le Salon aura lieu à Doha. Il faut souligner le travail qui a été fait pour qu’un salon ait lieu à Genève, le projet pour un futur salon est très bon, mais les marques restent très frileuses.»

Des constructeurs réticents

En octobre 2021, lorsqu’ils annonçaient qu’il n’y aurait pas de Salon en 2022, les organisateurs notaient qu'«en ces temps incertains, de nombreuses marques ne sont pas en mesure de s’engager à participer à une foire professionnelle».

C’est peu ou prou ce qui semble s’être répété ces derniers mois, dans la préparation de la foire de 2023. Plusieurs signaux laissaient penser que l’organisation se heurtait à une méfiance des principaux concernés, les constructeurs. Fin juillet, L’Agefi indiquait que Mercedes, Nissan et Ferrari ne viendraient pas. Les raisons invoquées sont faites d’un mélange de difficultés du secteur, des soucis d’approvisionnement, etc; mais aussi, d’évolution des stratégies de communication des marques, et de leur manière d’interagir avec leurs clients.

Récemment, la Revue automobile a indiqué qu’à six mois de la présumée édition de 2023, «tout reste ouvert, les confirmations – positives ou négatives – se comptent sur les doigts d’une main». Aux absents déjà connus, le magazine ajoutait les marques de l’ancien groupe FCA, Fiat, Alpha Romeo et Jeep.

Doha, le nouvel horizon

La première édition à Doha, au Qatar, reste prévue en novembre 2023. A l’ATS, Sandro Mesquita a précisé: «Notre plateforme de Doha présente le plus grand potentiel de succès l’an prochain. Son format, permettant notamment de mettre les véhicules en action, répond à une demande des marques.» L’événement est prévu tous les deux ans.

A ce sujet: Le Salon de l’auto de Genève trouve son salut au Qatar

Paris très affaibli

Paris maintient son salon, du 18 au 22 octobre. Mais dans la capitale française, les amateurs de cylindrées seront dans leur jardin national. La liste des absents est longue comme une allée, dont Toyota, Volkswagen, Hyundai, Kya, Audi et même Citroën.

A Bruxelles, le salon devrait se tenir du 13 au 22 janvier. Il s’agirait de la 100e édition de la manifestation.