Onze mois après avoir annoncé son lancement, la banque Alpian procède à un deuxième tour de financement, de 17 millions de francs. Début mai 2020, la future banque privée pour des clients «mass affluent» avait dévoilé avoir levé 12,2 millions auprès d’investisseurs institutionnels suisses et européens. L’identité des participants à ce deuxième tour de financement n’a pas été révélée non plus. Ces capitaux supplémentaires devraient aider la banque incubée par le groupe Reyl à répondre aux exigences de capital minimum nécessaire à l'obtention d'une licence bancaire, demandée fin avril 2020, selon le directeur, Schuyler Weiss. Alpian, qui cherche de nouveaux locaux à Genève, espère pouvoir ouvrir ses portes à la fin du deuxième trimestre ou au début du troisième, dès l’obtention de l’autorisation de la Finma.

Visant des clients disposant d'entre 100 000 et 1 million de francs à investir, Alpian se positionne entre une banque privée, une banque de détail et une société technologique. En prenant des éléments dans les trois modèles pour servir ces clients avec un rapport qualité-prix compétitif. En pratique, cela donne une carte de débit permettant de dépenser dans 4 devises pratiquement sans frais de change, détaille Schuyler Weiss dans une conversation par écrans interposés. C’est aussi la volonté de proposer un large spectre de profils d’investissement, grâce à un algorithme propriétaire et aux enseignements de la finance comportementale – le tout étant accessible depuis une application mobile.

Construite pendant la pandémie

Le modèle d’Alpian repose largement sur la technologie mais sans en faire une néobanque comme N26 ou Revolut. L’éventail des services sera plus large et les clients pourront solliciter des vidéoconférences avec des conseillers en chair et en os. La banque compte maintenant 26 collaborateurs, une vingtaine de plus qu’il y a un an, recrutés dans tous les métiers. Finalement, le lancement de l’établissement a-t-il été compliqué par la pandémie? «L’impact est moins fort que si la banque était opérationnelle, une bonne partie du travail a pu se faire hors du bureau jusqu’à maintenant, mais cela complique la construction d’une culture d’entreprise», répond Schuyler Weiss.

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L’établissement ne communique pas sur la composition de son actionnariat. Présidé par un associé du groupe Reyl, Pasha Bakhtiar, son conseil d’administration comprend un autre administrateur de Reyl, Yves Claude Aubert, l’avocat genevois Luca Bozzo, un des fondateurs de la société technologique Taurus Lamine Brahimi, l’ex-directeur d’Uber en Suisse Steve Salom, Alessandro Rocco, un conseiller en stratégie consultant en stratégie, et le professeur à l'IMD Knut Haanaes, ancien du Boston Consulting Group.