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Les visiteurs découvrent les nouveautés de Tencent à la 16è conférence «China Internet Conference», à Pékin.
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La Nouvelle économie chinoise est parée pour le décollage

La construction de la Nouvelle économie chinoise ne se fera pas sans l’aide et l’expertise internationales. Il y a là, sans nul doute, une chance à saisir

La Chine travaille d’arrache-pied à faire émerger une nouvelle version de son économie, centrée sur les industries de pointe et capable de rivaliser avec les plus grands au niveau mondial.

Le moment est propice à cette transition majeure, alors même que le produit intérieur brut de la Chine se stabilise après le ralentissement des dernières années. Les investissements dans le secteur privé, en baisse depuis 2011, reprennent enfin et viennent soutenir la relance de nombreux secteurs, des matériaux à l’industrie manufacturière en passant par les services.

Depuis le début 2016, en effet, des réformes structurelles ambitieuses ont poussé les entreprises d’Etat à redoubler d’efficacité, optimisant la capacité et l’effet de levier tout en promouvant un renouvellement des technologies, des secteurs et des produits.

Toutes ces initiatives viennent à point nommé renforcer le plan Made in China 2025 pour les industries manufacturières de pointe, ainsi que les projets d’une Nouvelle économie innovante, destinée à diversifier les fronts de croissance.

La définition chinoise de la Nouvelle économie

Que recouvre ce terme de «Nouvelle économie»? Beaucoup de choses. Pour éclairer ce concept l’année dernière, le premier ministre chinois Li Keqiang évoquait non seulement les secteurs émergents comme le commerce électronique et le cloud computing (informatique en nuage), mais aussi la fabrication intelligente (smart manufacturing) ou la production personnalisée de masse.

Un tel développement devra s’appuyer sur l’esprit d’entrepreneuriat et d’innovation. Pour le secteur privé chinois, cela signifie un plus grand rôle à assumer en tant que locomotive de la Nouvelle économie, gage de croissance soutenue.

Certains entrepreneurs ont d’ores et déjà brillamment ouvert la voie. En avril, le créateur de l’application de messagerie Wechat, Tencent, est devenu la dixième plus grande société cotée en bourse au monde, suivie en onzième position du géant du commerce électronique Alibaba. Ces deux groupes se classent ainsi aux deux premiers rangs chinois en termes de capitalisation. Cette évolution montre bien que les grandes banques et entreprises énergétiques d’Etat sont en train de perdre leur position dominante sur l’économie chinoise.

Les champions de la Nouvelle économie sont d’ailleurs loin d’avoir épuisé leur potentiel de croissance. Les entreprises innovantes chinoises ont devant elles un marché aussi immense qu’enthousiaste.

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Prenons Tencent, basée à Shenzhen. Fin juin mars, son application de messagerie WeChat/Weixin comptait plus de 960 millions d’utilisateurs actifs par mois, tandis que son application QQ, destinée à un public plus jeune, affichait 850 millions d’utilisateurs. Les consommateurs utilisent d’ores et déjà ces applications pour jouer en ligne, payer leurs factures et même gérer leurs finances. Mais de nouvelles façons toujours plus créatives de monétiser ces produits n’ont pas fini d’apparaître.

Les entreprises technologiques chinoises préparent également l’avenir. Elles s’imposent à l’avant-garde de l’intelligence artificielle, une technologie appelée un jour à révolutionner nos vies autant que l’électricité en son temps.

Les leaders du smartphone chinois

Question innovation, les sociétés de «hardware» chinoises ne sont pas en reste. ZTE Corp et Huawei, les deux fabricants de smartphones de Shenzhen, sont aujourd’hui les deux premiers inventeurs mondiaux, avec à eux deux presque 8000 brevets déposés l’année dernière. Après avoir conquis le marché chinois des smartphones, leurs produits gagnent du terrain à l’étranger. Des fabricants tels que Huawei, Oppo et Xiaomi dévorent les parts de marché du Sud-Est asiatique à l’Inde.

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Le potentiel est là pour qu’émergent d’autres géants technologiques à l’instar de Tencent ou Huawei, particulièrement dans le delta de la rivière des Perles, qui s’impose de plus en plus comme l’équivalent chinois de la Silicon Valley. Inspiré par l’exemple californien, Shenzhen met en place un écosystème d’investisseurs en capital-risque, d’accélérateurs et de transfuges des géants technologiques, prêts à créer la prochaine start-up qui va tout casser.

Dans sa dernière initiative en date pour accompagner cette transformation, le gouvernement chinois a lancé cette année un fonds de 100 milliards de yuans (14,6 milliards de francs) destiné à soutenir les cyberentreprises. A cela s’ajoutent les initiatives au niveau local, tel ce projet de la province de Guangdong de constituer des «clusters» ou «grappes industrielles» de «smart manufacturing» pour des domaines comme la robotique ou les dispositifs médicaux.

Sur le plan international 

Les opportunités se multiplient aussi pour les investisseurs étrangers qui voudraient participer à cette Nouvelle économie. Par l’intermédiaire de la place boursière de Hongkong, les actions chinoises sont de plus en plus accessibles aux investisseurs étrangers.

La transformation économique de la Chine a l’avenir devant elle, et la construction de la Nouvelle économie chinoise ne se fera pas sans l’aide et l’expertise internationales. Il y a là, sans nul doute, une chance à saisir.

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