La logique d'investissement dans le secteur de l'énergie reste aussi forte.

Après le pétrole et le charbon, le gaz naturel est devenu la troisième plus importante source d'énergie. Ses avantages sont nombreux. Néanmoins, l'utilisation de cette forme d'énergie présente certaines limites. La plupart des lieux d'approvisionnement sont situés dans des régions très distantes des zones de consommation.

De tout temps, l'homme a eu besoin de transporter les matières premières nécessaires à ses activités. Le gaz naturel n'échappe pas à cela.

Ce facteur renchérit fortement les coûts. La réalisation de nouveaux pipelines est longue et chère, d'autant plus qu'ils ne deviennent rationnels qu'à partir de distances de plusieurs milliers de kilomètres.

Comme pour l'or noir, les réserves les plus importantes de gaz naturel se trouvent dans la région du Golfe et en Russie (1/3 des réserves mondiales).

Aujourd'hui on peut envisager d'exploiter des sources d'approvisionnement encore non rentables, comme le gaz de Terre-Neuve, le méthane de filon houiller du Canada, ou le gaz d'Alaska ou de Bolivie.

Le gaz naturel liquéfié (abrégé en LNG) est une solution à ce problème. Il s'agit de gaz naturel condensé à l'état liquide. Le LNG est refroidi jusqu'à une température de - 161 degrés. A ce niveau le méthane, composant principal du gaz naturel, atteint son niveau de purification. Le gaz purifié est graduellement liquéfié dans des usines de cryogénie et stocké ensuite dans des réservoirs. D'un point de vue économique et logistique, le fait qu'à ces températures le volume du gaz naturel se réduise à seulement 1/600 du niveau original est crucial. Sous cette forme liquide, le gaz naturel offre, à volume égal avec le fioul domestique, un pouvoir calorifique qui correspond à plus de la moitié du pouvoir calorifique de celui-ci.

Ensuite le LNG est transporté dans des navires spécialement conçus, les méthaniers, pour être expédié dans les régions consommatrices, où il passe dans des terminaux de regazéification qui le transfèrent dans des réservoirs à terre.

Le procédé a initialement été développé aux Etats-Unis dans les années 1910. Le premier terminal d'exportation commercial fut ouvert en Algérie en 1964. Le commerce du gaz naturel liquéfié a connu une croissance ininterrompue, marquée par la diversification progressive des fournisseurs et des clients.

Parmi les producteurs, c'est l'Australie qui a fait les premiers pas dans le LNG. Parmi les premiers consommateurs, on trouve le Japon et l'Indonésie.

Néanmoins, les développements du LNG démarrent à peine. Grâce aux nouveaux projets des pays industrialisés en termes de politique énergétique, la situation va pouvoir changer rapidement et de manière irréversible. Le contexte actuel, marqué par une insécurité des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient (avec la question de l'Iran et son programme nucléaire), accroît les tensions sur les marchés mondiaux des hydrocarbures. Les politiciens des pays occidentaux se voient donc obligés de rééquilibrer les sources d'énergie. Le LNG est une alternative très prometteuse.

Le système maritime de transport, par exemple, a aussi l'avantage d'éviter la dépendance à l'égard des pipelines et les contraintes de «droit de passage» dans des régions politiquement parfois délicates. Le commerce du LNG sera donc de plus en plus important. Les autorités (IEA) prévoient une forte augmentation d'ici à 2030.

Qui va vraiment profiter de cette nouvelle source d'énergie? Il faut franchir plusieurs étapes avant que le LNG puisse atteindre les consommateurs finaux. Il faut d'abord s'équiper des infrastructures nécessaires (centres de liquéfaction), construire des locaux de stockages cryogéniques, disposer de navires spéciaux pour le transport. Après la livraison maritime, avant de pouvoir le rendre disponible dans les réseaux traditionnels, il faut transformer le LNG en gaz dans des centres spécifiquement conçus.

Si le commerce de LNG augmente de manière considérable, l'industrie du gaz dans sa totalité va pouvoir en bénéficier. Les pays consommateurs vont en effet avoir besoin de nouvelles implantations industrielles pour le refroidissement, le stockage, de méthaniers et pipelines. Vu l'augmentation constante des besoins en énergies de toutes sortes et la flambée du prix du pétrole, tous ces investissements sont amplement justifiés.

Dans un tel scénario les marchés financiers ne peuvent ignorer cette énorme opportunité d'investissement. Un indice existe, le nouveau GS COMERGIX LNG Index. Il couvre la chaîne de production du LNG dans sa globalité car les 29 composants sont actifs dans toutes les étapes fondamentales de la filière industrielle.