Nouvelle garde rapprochée

Il était là, lors de la présentation des résultats, discret et en arrière-plan. Il n’a pas dit un mot. On ne sait pas encore exactement quel sera son rôle, si ce n’est qu’il risque d’être important. Tidjane Thiam est arrivé à la tête de Credit Suisse avec un bras droit, un chef d’état-major, ou selon ses propres termes son «chief of staff».

Pierre-Olivier Bouée a pris ses fonctions en même temps que le Franco-Ivorien début juillet. Comme lui, il vient directement de Prudential, dont il était le responsable des risques. Tous deux y sont arrivés ensemble, en 2008. Les deux hommes se connaissent en réalité depuis plus longtemps puisqu’ils avaient travaillé ensemble à la fois chez l’assureur britannique Aviva et au cabinet de consultants McKinsey.

Ancien responsable en Asie

Français, parlant aussi allemand, Pierre-Olivier Bouée a officié au Trésor français avant de rejoindre McKinsey en 2000. Le choix de ce diplômé d’HEC et de l’IEP de Paris, ancien de l’ENA, n’est pas une surprise. Il avait rapidement été identifié comme un transfert possible lors de la nomination du nouveau patron de Credit Suisse. Puis, son retrait, annoncé mi-mai, avait confirmé les soupçons. Avec Tidjane Thiam, il partage un intérêt pour l’Asie dont il a été le responsable régional chez Prudential.

Ce n’est pas la seule recrue de Tidjane Thiam. Ce dernier a également emporté de Prudential le chef de la communication, John Murray. Ce dernier ne remplacera pas l’actuelle responsable, Clarissa Haller, mais, en qualité de «conseiller», l’appuiera à Londres.

Selon la Handelszeitung, une troisième personne serait arrivée. D’origine suisse, ancien de l’assureur Zurich, Peter Goerke, chef du personnel à Prudential, aurait repris ce poste à Credit Suisse. L’information n’a pas été confirmée par la banque. D’autres changements sont attendus, mais, selon les analystes, Tidjane Thiam attendra encore avant de faire le tri dans la garde rapprochée de son prédécesseur Brady Dougan.