La Banque Coop a présenté mercredi ses résultats à la presse, sans grande surprise. Le groupe, dont la Banque Cantonale de Bâle-Ville a racheté 40,7% du capital l'an dernier, a annoncé un bénéfice net en hausse de 1,4% à 34,9 millions de francs. Un résultat qui a été notamment dopé par le bond de près de 40% des opérations de commission à 72,7 millions de francs. Le résultat des opérations d'intérêts a, lui aussi, enregistré une bonne progression, avec une hausse de 2,2% à 155,6 millions de francs. En revanche, le résultat des opérations de négoce a dégringolé de 32,2% à 21,3 millions de francs: la performance «exceptionnelle» de certains investissements boursiers en 1999 ne s'est pas répétée en 2000.

«Le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale du 20 avril 2001 le versement d'un dividende inchangé à 42,50 francs par action au porteur et de 8,50 francs par action nominative», a précisé Willi Gerster, président du conseil d'administration de la banque. Une division du titre en cinq sera également proposée afin d'en accroître son attractivité, ainsi qu'une augmentation de capital de 67,5 millions de francs pour couvrir les besoins d'une croissance soutenue. Le titre de la banque affichait une baisse de 0,9% à 960 francs en milieu de séance mercredi.

L'affaire du trou de 200 millions de francs dans les comptes de la banque, découverte en novembre 2000 par PricewaterhouseCoopers, semble close pour la filiale bancaire du numéro deux de la distribution en Suisse.

Crédits immobiliers douteux

Suite à l'évaluation qui a eu lieu dans le cadre du contrat de vente entre la Banque Cantonale de Bâle et le groupe Coop, ce dernier a versé à la Banque Coop, en tant qu'ancien actionnaire majoritaire, une somme de 213,2 millions de francs. Cette somme était nécessaire pour couvrir les risques sur les crédits immobiliers douteux accordés par la Banque Coop. D'autres banques, touchées par la crise immobilière du début des années 90, avaient pris des mesures dès 1996. Il n'était pas improbable, il y a quelques mois, que l'affaire se termine en justice pour PricewaterhouseCoopers, critiqué par le groupe Coop pour ne pas avoir découvert ce trou plus tôt. «Si le groupe Coop envisage de le faire (les traîner en justice, n.d.l.r.), c'est leur problème», a déclaré en substance Willi Gerster.

Dévoilée l'été dernier (lire Le Temps du 6 septembre 2000), la nouvelle stratégie de la Banque Coop a mis l'accent sur les activités de banque privée. Preuve que la banque tient parole: le comité de direction, composé de quatre personnes actuellement, en accueillera une cinquième tout prochainement, en tant que responsable à part entière des activités de banque privée. Les entretiens étant toujours en cours, son nom ne sera divulgué que fin mars. Le groupe ne compte pas recruter davantage d'employés dans cette branche, mais insiste pour les former davantage dans les activités de conseil. «Nous allons changer le profil de notre personnel», explique Jean-Pierre Frefel, président de la direction générale.