Boris Collardi, président de la direction du groupe Julius Baer, explique comment il entend entrer dans une nouvelle ère de croissance, ainsi qu’il l’a promis lundi en conférence de presse.

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– Quel sera le rythme de croissance dans la nouvelle ère d’expansion que vous annoncez?

Boris Collardi: Nous définissons le rythme de croissance organique sous forme de pourcentage d’argent frais. Il sera de 4 à 6% sur le total de 300 milliards de francs d’actifs. Cela signifie par exemple que nous engagerons de nouveaux collaborateurs. La croissance par acquisition s’y ajoutera mais il n’est pas possible de la planifier.

– Est-ce que le relèvement attendu de la marge nette viendra d’un durcissement du programme d’économie?

Non. Nous avons indiqué que la marge nette augmentera à plus de 30 points de base. La hausse proviendra d’une augmentation des revenus sur la base d’un plan d’investissement ambitieux et non pas d’une baisse des coûts.

– Est-ce que le lancement de votre service de conseil «Your Wealth» modifie vraiment la relation entre le client et son banquier ou n’est-ce qu’un emballage nouveau d’un service personnalisé déjà existant?

La relation entre nos clients et nos banquiers est modifiée en profondeur par l’introduction de différents niveaux de service pour les mandats conseils.
Nos clients bénéficient désormais d’un service de surveillance permanent de leurs portefeuilles les alertant de manière systématique lors de risque ou d’opportunités de marché.

– On dit souvent que les systèmes informatiques du groupe sont très en retard. A l’approche de l’échange automatique et de l’automatisation des métiers de la banque, est-ce dangereux?

Avec 300 milliards sous gestion fin 2015, nous avons multiplié les actifs par cinq en dix ans. Nous avons réalisé davantage d’acquisitions que quiconque. Personne ne s’est plaint de ne pas disposer des derniers modèles disponibles. Nous investirons plusieurs centaines de millions de francs pour le renouvellement de la plateforme. Avec Temenos, nous introduisons le système T24 en Asie. Son développement devrait lui permettre d’être actif en 2017. En Suisse, l’achèvement du développement est prévu pour 2019. La visibilité est donc très bonne à ce sujet.

– Comme le conflit avec les Etats-Unis arrive à son terme, est-ce que la consolidation va s’accélérer en Suisse?

La consolidation va se poursuivre. Avant de connaître le montant des amendes, les banques concernées ne pouvaient même pas envisager d’entamer des négociations. Mais aujourd’hui les conditions de marché ne sont pas très favorables, en raison de la volatilité accrue et de l’augmentation des coûts.