La nouvelle stratégie d’Orange, contrôlé par Xavier Niel, se dessine

Télécoms L’opérateur indique qu’il changera de nom le 23 avril. De nouveaux services pourraient être annoncés

En 2014, Orange est parvenu à accroîtresa profitabilité

La prise de contrôle d’Orange par Xavier Niel commence à déployer ses premiers effets. Mardi, l’opérateur basé à Renens (VD) a annoncé qu’il allait changer de nom le 23 avril. Avec à la clé le lancement de nouveaux produits, a annoncé mardi Johan Andsjö, directeur d’Orange.

Pour l’heure, Xavier Niel se fait discret. L’homme d’affaires français, qui a déboursé 2,8 milliards de francs le 18 décembre dernier pour acquérir l’opérateur suisse, n’a ­jamais parlé publiquement d’Orange. Mais la semaine passée, il a rendu visite aux employés de l’opérateur à Renens, Bienne et Zurich. «Il a été très satisfait des rencontres qu’il a effectuées avec le personnel, assure Johan Andsjö. Il partage la même vision que la direction actuelle d’Orange et se réjouit de travailler avec nous. Xavier Niel est d’autant plus satisfait qu’il avait tenté sans succès d’acquérir Orange en 2011.»

Le premier «effet Xavier Niel» se concrétisera le 23 avril, avec un changement de nom. L’opérateur l’a annoncé mardi par courrier à ses clients. L’annonce interviendra à Zurich lors d’une fête organisée non loin de la gare. Pour l’heure, Johan Andsjö ne veut pas dévoiler le nouveau nom. «La direction travaille depuis un an sur un repositionnement de la marque et un changement de nom. Nous avons présenté notre projet en décembre 2014 à Xavier Niel, qui a été ravi», affirme le directeur d’Orange.

Changer Orange de nom aura un coût. Mais cela pourrait aussi permettre, à long terme, à l’opérateur de faire des économies. La société verserait quelque 20 millions de francs par année à France Télécom pour utiliser sa marque actuelle. Johan Andsjö dit que ce chiffre est proche de la réalité.

Pour la suite, Johan Andsjö estime «le nouvel Orange»: «Nous serons plus personnels, plus simples et encore plus adaptés aux besoins des utilisateurs de téléphones mobiles. Nous allons vraiment innover.» Un premier indice se trouve peut-être au Liechtenstein. C’est dans la principauté qu’Orange a lancé la semaine passée un nouveau service, sous la marque 7acht. Un appareil permet de convertir le réseau de téléphonie mobile en Wi-Fi. Ce qui permet au client d’accéder à Internet même sans liaison fibre ou cuivre, via les antennes de téléphonie mobile. «Je ne peux pas vous dire que nous allons lancer ce produit en Suisse, dit Johan Andsjö. Ce qui est sûr, c’est que nous améliorons la qualité de notre réseau, en passant à la technologie 4G+, qui autorise des débits encore plus élevés. Nous avons beaucoup d’idées.»

Orange pourrait ainsi proposer des accès fixes à Internet, ce qui lui permettrait de se rapprocher de ­Sunrise ou Swisscom, qui sont actifs tant sur les marchés de la téléphonie mobile, que de la téléphonie fixe, de l’accès à Internet et de la télévision. «Il n’est pas si important de ne pas être actif sur tous ces marchés, car les clients sont de plus en plus orientés vers les services mobiles», dit le directeur d’Orange.

Mardi, Orange a présenté en parallèle ses résultats pour 2014. L’opérateur a affiché des chiffres en progression. Ainsi, l’EBITDA est passé depuis 2013 de 391 à 434 millions, alors qu’en parallèle le chiffre d’affaires progressait de 1,9% à 1,316 milliard de francs. Orange ne donne pas d’incitation sur son résultat net. L’opérateur affirme avoir gagné 26 000 clients avec abonnement sur l’année, pour porter le total à 1,155 million.

Orange verserait 20 millions de francs par année à France Télécom pour utiliser sa marque actuelle