Harmonie, accélération et ouverture. Voilà les trois mots clés qui résument ce qu’André Kudelski, Daniel Vasella et Hans-Ulrich Dörig attendent de l’accord de libre-échange entre la Suisse et la Chine. Sa négociation a été lancée vendredi à Davos par le conseiller fédéral Johann ­Schneider-Ammann et le ministre chinois du Commerce, Chen Deming. «J’espère que cela permettra de travailler de manière encore plus harmonieuse et simple», selon le patron du groupe technologique Kudelski, croisé dans le Centre de congrès du WEF. Le Vaudois, qui emploie plus de 300 personnes en Chine et y fournit des solutions pour la télévision, se réjouit de la «volonté de davantage collaborer» entre les deux pays.

Le président de Novartis avait fait le déplacement pour assister à l’événement. Daniel Vasella aimerait que l’accord «accélère les procédures. Actuellement, envoyer des substances de notre centre à Bâle à celui de Shanghai peut prendre des semaines.» Le président de Credit Suisse, également présent à la cérémonie, estime qu’«il est important d’avoir un bon accès à la Chine. Aujourd’hui, il est très compliqué pour une banque universelle comme la nôtre en Suisse de l’être aussi là-bas. A l’inverse, une banque chinoise peut sans difficulté acheter un établissement ici.»

Rien sur les droits sociaux

Les négociations porteront sur les biens et les services, ont déclaré Johann Schneider-Ammann et son homologue chinois. Le premier a cité l’industrie des machines, la pharma ou la chimie, mais encore les services financiers. La propriété intellectuelle et le développement durable font partie du paquet. Chen Deming a toutefois précisé que la question des droits sociaux n’était pas directement liée aux négociations.

De janvier à novembre 2010, les exportations de marchandises suisses vers la Chine ont atteint 6,7 milliards de francs (+34%), les importations 5,6 milliards de francs (+18%). L’étude de faisabilité publiée en septembre estimait que l’accord ajouterait un quart de point de croissance annuel à l’économie suisse.

Les droits de douane seront réduits de 10% en moyenne, selon Berne. A titre d’exemple, les produits horlogers sont taxés entre 11 et 20%. En avril 2006, Pékin a introduit une taxe à la consommation de 20% sur les montres d’une valeur supérieure à 10 000 renmimbi (1600 francs), relève la Fédération horlogère.