Les Etats-Unis souhaitent bannir des téléphones américains, en plus de Tiktok, d'autres applications chinoises jugées à risque pour la sécurité nationale, a indiqué mercredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

«Avec des maisons-mères basées en Chine, des applications comme Tiktok, WeChat et autres sont des menaces substantielles pour les données personnelles des citoyens américains, sans parler d'outils pour la censure» du Parti communiste chinois a déclaré le secrétaire d'Etat américain.

Lire également: Temple du ludique, TikTok devient un terrain de jeu politique

Il a précisé vouloir bannir ces applications chinoises des plateformes d'achat des opérateurs mobiles et des fabricants de téléphones américains. L'administration Trump veut aussi empêcher que les applications américaines soient pré-installées ou simplement téléchargeables sur les téléphones et les équipements sans-fil chinois, notamment de la marque Huawei.

«Nous ne voulons pas que des entreprises soient complices des abus de Huawei envers les droits humains ou de l'appareil de surveillance du Parti communiste chinois», a déclaré Mike Pompeo.

Le «cloud» chinois également ciblé

Le gouvernement américain cherchera également à limiter la capacité des services de «cloud» (informatique dématérialisée) chinois à collecter, stocker et traiter des données informatiques aux Etats-Unis, a-t-il ajouté, citant des géants chinois des technologies comme Alibaba, Baidu ou Tencent.

Ces déclarations interviennent après que Donald Trump a mis la pression au groupe chinois ByteDance pour qu'il vende avant la mi-septembre son réseau social très populaire Tiktok, à Microsoft ou une autre société américaine, sous peine de ne plus pouvoir opérer aux Etats-Unis. Dans un contexte de tensions politiques et commerciales avec Pékin, Washington accuse depuis des mois Tiktok d'être utilisée par le renseignement chinois à des fins de surveillance.

Lire aussi: Le président Trump offre TikTok à Microsoft

La plateforme a toujours fermement nié tout partage de données avec les autorités chinoises. «C'est de l'intimidation pure et simple», a fustigé Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le ciblage des applications et du «cloud» chinois fait partie du programme 5G Clean Path («5G Voie Dégagée») dévoilé par le département d'Etat américain en avril. Il vise à empêcher Huawei et d'autres fournisseurs chinois de dominer le marché des nouvelles technologies et le réseau 5G. Dans le viseur depuis un an et demi de l'administration Trump, Huawei est ainsi sur la liste noire américaine afin de l'empêcher d'acquérir des technologies «made in USA» indispensables à ses téléphones.