Les maisons de vacances de Provence achetées par les Suisses sont peu hypothéquées. Ce phénomène est également vrai en Europe. Les achats transfrontaliers de résidences secondaires, quand par exemple un Anglais achète en Espagne, sont estimés à 30 milliards d'euros par an. Ils ne sont gagés qu'à hauteur de 10 milliards, selon Laurent Chouraki, le président-directeur général d'UCB. Il inaugurait mercredi la première arcade en Suisse de cette filiale de BNP Paribas. UCB est justement spécialisée dans le crédit hypothécaire et elle se présente comme la championne du crédit transfrontalier. Depuis Genève, elle entend attaquer le marché des prêts pour les achats de résidences principales en France voisine et dans les autres régions frontalières par des Suisses. Un domaine largement dominé par Crédit Agricole Financements.

«Un jour, nous pourrons prêter l'équivalent de 100% de la valeur des maisons aux meilleurs clients», anticipe Bernard Michel, le responsable des filiales internationales d'UCB. Une pratique qui a déjà cours en France et ailleurs en Europe. Pour obtenir un tel prêt, un acheteur doit montrer patte blanche. Il ne doit pas avoir divorcé, doit rester longtemps chez ses employeurs et économiser. A 35 ans, il lui faut au moins avoir mis de côté 10% de la valeur de sa maison. «Mais il n'a pas besoin de gager cette somme en notre faveur», précise Bernard Michel.

Un prêt en francs à 10 ans revient aujourd'hui, chez UCB, à 4,2%, exactement le taux affiché par... Crédit Agricole Financement. Les autres concurrents annoncent entre 4,05% et 4,6%.

UCB veut aussi servir les clients des banques privées. Ils pourront mettre en gage leur appartement de Marbella et utiliser l'argent pour le placer sur les marchés financiers. UCB offre aussi des crédits à la consommation en émettant des hypothèques sur des logements peu hypothéqués.