Deux clients russes ont déposé plainte contre Credit suisse pour gestion déloyale, escroquerie, faux dans les titres et blanchiment, a annoncé leur avocat Giorgio Campa à la Handelszeitung. L’action des deux riches entrepreneurs vise aussi leur gérant au sein de la banque, déjà accusé d’avoir dilapidé des centaines de millions de dollars confiés à Credit suisse par l’oligarque géorgien Bidzina Invanichvili.

Les deux clients se disent victimes d’agissements semblables: leur portefeuille a été truffé de titres douteux ou risqués (actions Meinl, Raptor), et les trous dans leurs comptes ont été rebouchés par de l’argent prélevé, sans autorisation, sur les comptes de Bidzina Ivanichvili.

La plainte vise la banque en vertu de la responsabilité subsidiaire de l’entreprise, qui s’applique lorsque, faute d’organisation adéquate, un acte délictueux ne peut être reproché à personne en particulier. «Il me semble peu vraisemblable que le gérant concerné ait agi seul au sein de la banque», estime Giorgio Campa. Credit suisse ne commente pas cette affaire, mais dit poursuivre une «politique de tolérance zéro envers les infractions des collaborateurs».

Le gérant concerné, très déprimé et incarcéré à Curabilis, une institution carcérale pour malades psychiques, avait été dans le collimateur de la justice début 2015 dans une autre affaire. L’un de ses clients russes, Vitaly Malkine, avait déboursé 40 millions d’euros pour l’achat de terrains en Corse. La moitié de la somme, versée à un agent immobilier local, a disparu.

Vitaly Malkine a porté plainte contre l’agent immobilier. Mais le gestionnaire de Credit suisse a aussi été entendu dans cette affaire en France. Des demandes d’entraides ont été adressées à la Suisse. La banque a mis un avocat à disposition de son gérant pour sa défense. Avant de se retourner contre lui, en fin d’année, lorsqu’elle a déposé plainte pour les malversations aujourd’hui instruites à Genève.