Le poids de la dette

La crise de la dette de la zone euro sera de loin la principale préoccupation à Cannes. La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont déjà aux soins intensifs. Désormais, les regards sont tournés vers l’Espagne, l’Italie, mais aussi la France. Ces pays pourraient aussi avoir besoin d’une aide internationale.

Réunis en sommet le 26 octobre, les chefs d’Etat de la zone euro ont signé un accord de principe qui soulage la Grèce de 50% de sa dette et qui préconise d’autres mécanismes afin de prévenir la contagion. Ils ont notamment renforcé le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et accepté la possibilité de recapitaliser des banques surexposées à la dette grecque, qui seraient en difficulté.

Le chômage s’installe

Le chômage a atteint une moyenne de 10% dans les pays industrialisés. Dans certains pays comme l’Espagne, il est de 21%. Mais il touche la barre de 42% lorsqu’il s’agit de chômage chez les jeunes de 17 à 25 ans. Le phénomène est marqué non seulement par l’incapacité des Etats de créer des emplois, mais aussi par les licenciements qui interviennent dans le cadre de restructuration économique de la fonction publique mais aussi des entreprises dans de nombreux pays.

Les pays émergents ne connaissent pas de meilleur sort même si un secteur informel offre une porte de sortie à des millions de personnes. Par contre, des licenciements massifs pourraient intervenir ces prochains mois à cause de la chute de la demande aux Etats-Unis et en Europe.

La montée de la colère

Aux Etats-Unis et en Europe, la colère a donné lieu à la naissance du mouvement des Indignés. Marginal mais décidé, il revendique une meilleure gouvernance politique et économique et une redistribution de la richesse. Sans perspectives d’emploi, des milliers de jeunes refusent de faire partie de la génération sacrifiée sur l’autel des plans d’austérité.

Remplir les caisses vides

Le manque de liquidités des Etats pourrait être comblé par l’introduction de la taxe Tobin qui frapperait les transactions financières. Cheval de bataille de l’Association pour une taxe sur les transactions et pour l’action citoyenne pendant longtemps, cette idée a été récupérée par le président français Nicolas Sarkozy. L’an dernier, il la défendait devant l’ONU, disant que la taxe financerait l’aide au développement.

Après avoir convaincu plusieurs chefs d’Etat européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel, Nicolas Sarkozy met la taxe sur la table du G20, sans pour autant préciser son éventuelle affectation. Celle-ci fait débat. En Europe, l’on estime que la taxe Tobin pourrait rapporter 37 milliards d’euros par an. Elle pourrait alimenter le Fonds européen de stabilité financière ou plus simplement le budget européen, ce qui allégerait les gouvernements nationaux. Le sujet ne fait pas l’unanimité au G20.