Economie

Novartis cède ses marques Ovomaltine et Caotina à un groupe britannique

Alimentation. Le groupe pharmaceutique bâlois vend ses produits à Associated British Foods pour 400 millions de francs. Le prix offert ainsi que le fait de préserver les emplois ont déterminé ce choix

Annoncée en février, l'intention de Novartis de vendre ses produits alimentaires comprenant, entre autres, la marque Ovomaltine, s'est partiellement concrétisée hier. C'est le groupe anglais Associated British Foods (ABF), spécialisé dans la vente de pain, de sucre, d'huile, et de la célèbre marque de thé Twinings, qui emporte le morceau pour 272,5 millions d'euros (400 millions de francs).

Le prix offert, plus élevé que les ventes annuelles de 366 millions de francs en 2001, ainsi que le fait d'éviter des pertes d'emplois ont fait pencher la balance outre-Manche, alors qu'une solution suisse, avec Nestlé ou Hero, a sans doute été examinée.

«Je serais soulagé qu'Ovomaltine reste en mains suisses», déclarait au Temps en avril dernier Daniel Vasella. Le PDG de Novartis rappelait encore avant-hier dans les colonnes du Financial Times être parfaitement conscient de l'émotion que susciterait en Suisse la vente d'Ovomaltine à un groupe étranger. Tout sentimentalisme, le plus souvent incompatible avec la dureté des affaires, a cependant été écarté. Reste qu'ABF, qui n'a pas d'activités directes en Suisse, était le mieux à même de garantir les emplois de l'ex-groupe Wander, racheté par Sandoz en 1967, devenu Novartis en 1996.

Une société suisse aurait en effet dû chercher des synergies plus complexes, qui auraient passé par des restructurations. Nestlé possède par exemple Milo, un produit concurrent d'Ovomaltine. Les emplois «Wander», principalement les 280 en Suisse sur quelque 874 collaborateurs rattachés aux onze marques, dont Ovomaltine, Caotina, Galactina, ou les desserts Dawa, sont sauvés. La région bernoise, qui aurait été durement touchée par la délocalisation de la fabrication d'Ovomaltine à Neuenegg, respire. Elisabeth Zölch, présidente du gouvernement bernois, juge cette reprise «positive».

Près de cent ans d'existence

Elle laissera peut-être tout de même quelque trace dans le coeur des Suisses puisque l'Ovomaltine, inventée en 1904 puis vendue d'abord en pharmacie par le chimiste bernois Georges Wander, est devenue le cinquième produit de marque le plus apprécié en Suisse, derrière Coca-Cola, Toblerone, Zweifel et Lego. Nestlé, qui se refuse à toute déclaration officielle sur sa participation ou non aux enchères d'Ovomaltine, rejette également tout sentimentalisme à propos de cette marque. «En tant que société internationale, nous serions mal placés pour agiter le drapeau suisse, alors même que nous avons dû subir récemment quelques réactions nationalistes lors de l'achat, aux Etats-Unis, des produits précuisinés Chef America», souligne François-Xavier Perroud, porte-parole de Nestlé.

Le groupe alimentaire veveysan pourrait toutefois être clairement dans la course de tout ou partie du solde à vendre par Novartis, soit la division nutrition sportive, avec des marques comme Isostar et Powerplay, et la division des produits amincissants (Céréal, Gerblé, Dietisa). Le chiffre d'affaires annuel de ces produits est évalué à plus de 480 millions de francs, ce qui pourrait situer le prix de vente entre 550 et 600 millions, selon l'analyste de la banque Sarasin. Le prix de vente de 400 millions pour Ovomaltine et les marques associées est jugé correct par la majorité des analystes, qui se félicitent de la décision de Novartis de se séparer d'une partie de ses activités non centrées sur les médicaments. Le titre d'ABF a progressé de 3% hier, alors que celui de Novartis perdait un peu moins de 1%.

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