«Novartis a la ferme intention de devenir chef de file dans la lutte contre les maladies infectieuses, en particulier dans l'aide apportée aux patients souffrant d'hépatite», explique Thomas Ebeling, responsable du secteur pharmaceutique de Novartis.

Cette déclaration, faite mercredi à l'occasion d'un accord passé avec la petite société américaine déficitaire Human Genome Sciences (HGS), cache une petite déclaration de guerre à Roche.

Roche détient, avec le médicament Pegasys, souvent associé à son autre produit Copegus, une position clé dans le traitement de l'hépatite C. Pegasys, qui soigne également l'hépatite B, constitue la septième meilleure vente de Roche, avec 1,4 milliard de francs en 2005, en hausse de 17%.

Novartis s'attaque à forte partie. HGS prétend que son médicament en phase clinique avancée, dénommé Albuferon, est plus efficace que le produit Pegasys car il reste plus longtemps dans le sang. Il peut dont être administré selon une meilleure posologie.

Pourtant, le 14 mars dernier, le titre de HGS avait chuté de 20% en Bourse car les essais d'administration mensuelle du médicament, au lieu d'hebdomadaire, n'avaient pas produit l'efficacité escomptée.

Novartis semble faire entièrement confiance à HGS, dont la perte au premier trimestre atteignait 62,2 millions de francs. Le groupe bâlois versera, dans un premier temps, 45 millions de dollars et s'engage à porter cette somme à 507 millions en cas de succès, selon HGS. La dernière phase clinique devrait débuter fin 2006.

Novartis développe en interne un autre produit contre l'hépatite C (NMC 283) et prévoit le dépôt du dossier d'homologation courant 2008.

L'accord annoncé hier devrait permettre à Novartis de concurrencer Roche en développant son portefeuille en virologie, tout en acquérant de précieuses expériences supplémentaires en biotechnologie.