Les choses se précisent chez Novartis. Petit à petit l'oiseau fait son nid dans une nouvelle aire thérapeutique. Au fil des mois, les contrats de collaboration, les acquisitions de produits ou de petites entreprises sont clairement orientées biotechnologie et médicaments contre les infections.

L'offre publique d'achat (OPA) amicale contre la société britannique Neu Tec Pharma, annoncée mercredi pour 305 millions de livres (692,3 millions de francs), avec une prime de 109%, confirme l'agressivité de cette stratégie.

L'accord annoncé mardi avec la société américaine Human Genome Sciences pour entrer sur le marché de l'hépatite C (LT du 7juin 2006) vise le moyen terme. L'OPA sur la société basée à Manchester qui a déjà déposé un dossier d'homologation auprès des autorités européennes pour un médicament contre les mycoses hospitalières (Mycograb) vise un accès à court terme au marché.

Neu Tec emploie 20 personnes. Née en 1997, cette pure biotech en phase de démarrage possède deux médicaments prometteurs mais traîne une perte cumulée de 36,9millions de francs sans engranger de recettes.

Novartis est championne dans le domaine cardiovasculaire et occupe une excellente position en oncologie.

Si l'on exclut ses récents efforts de recherche dans le domaine de la tuberculose et le comblement de son retard sur le marché des médicaments contre l'hépatite B, les anti-infectieux n'étaient pas sa priorité il y a deux ans.

Un seul produit, le Lamisil contre les mycoses naissant sous les ongles des pieds, est disponible sur le marché. Il a dégagé des ventes pour 538 millions de dollars en 2005. Le domaine des anti-infectieux est vaste. Il comprend une quarantaine de maladies, allant du sida à la grippe aviaire, en passant par l'hépatite, la listériose, le choléra ou la rage. On estime que 14 millions de personnes meurent d'infection chaque année dans le monde. Ce type de maladie a progressé de 10 à 15% en quinze ans dans les pays développés.

Sanofi-Aventis, mais aussi GlaxoSmithKline (25 vaccins et 5,9 milliards de francs de vente annuelles d'antiviraux) ou Pfizer (14 médicaments dans cette catégorie) sont les chefs de file. Roche, absent du marché des vaccins, est présent sur celui de la grippe aviaire et des hépatites.

Novartis se place. Le groupe fait jouer les synergies avec le fabricant de vaccins Chiron, se renforce en biotechnologie, et entre, avec Neu Tec, sur le marché des anti-infectieux destinés aux hôpitaux.