Investissements

Comment Novartis gagne presque 5,6% net annuellement dans les hedge funds

Pour la première fois, le géant de la pharma dévoile sa performance dans les placements alternatifs, nettement supérieure à la moyenne, et ses paris. Les gérants ont doublé leurs actifs en à peine trois ans et apporté 466 millions à Novartis

Les résultats parlent pour eux-mêmes. Le rendement du portefeuille de hedge funds de la caisse de pension de Novartis a atteint 6,02% en 2013, 6,76% en 2014, 6,02% en 2015 et 1,41% cette année à la fin juillet. A titre de comparaison, l’indice Lyxor Hedge Funds Index est en recul de 2,29% cette année. Depuis 3 ans et demi, le rendement annuel est de 5,6%. 

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Ces résultats sont calculés après les frais, lesquels sont généralement très supérieurs aux fonds de placement. «Nous avons négocié des économies de frais de 28 millions de francs», a révélé, jeudi à Zurich, Mark Dieringer, responsable de l’équipe de trois gérants en placements alternatifs pour Novartis International. Le gérant, qui est parvenu à doubler à 3,3 milliards les actifs alternatifs sous gestion, s’exprimait à l’occasion d’un symposium sur les hedge funds, organisé par la Haute école de sciences appliquées (ZHAW) à Winterthour. «En un peu plus de trois ans, nous avons gagné 466 millions de francs, au profit de Novartis», a-t-il déclaré.

Le groupe répartit les investissements alternatifs en hedge funds (9,8% du total), en positions long/short (haussières/baissières) sur les matières premières (5,2%), en infrastructures (2,9%), en actions émergentes (7,2%). Dans chacune, Novartis sélectionne des gérants externes, par exemple 18 pour les hedge funds.

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«Novartis aurait perdu 192 millions de francs, soit plus de 30% du portefeuille depuis juillet 2014, si la caisse de pension avait détenue les mêmes positions que l’indice des matières premières», a révélé le gérant. Cet été-là, l’institut a en effet décidé de s’éloigner de cet indice et de prendre des positions long/short (haussières/baissières). Depuis cette date, le nouvel indice de référence, le SG Commodity Trading n’a perdu que 4%. Novartis a fait mieux puisque l'institut a gagné 35 millions (7,8%). L’économie totale s’est donc portée à 227 millions de francs.

Décrypter le langage des analystes

Dans les hedge funds, Mark Dieringer recommande d’éviter le segment des actions long/short. Il s’est dit «effrayé» par la corrélation de cette catégorie aux actions à la lecture d’une étude de Deutsche Bank. Environ 1000 milliards de dollars sont investis en actions par ces gérants long/short.

L’institut évite aussi les obligations dans un contexte de taux négatifs, de forte présence des banques centrales et de risque d’événement à faible probabilité mais à fort impact.

Deux grandes catégories de hedge funds lui plaisent aujourd’hui. Il s’agit des «global macro», c’est-à-dire ceux qui effectuent des paris en fonction de scénarios monétaires, politiques ou économiques, et des «quants».

Au sein de la première catégorie, Mark Dieringer se dit «fasciné» par les hedge funds capables de tirer profit de tendances de fond telles que l’internet des objets et «Big Data» (analyse des bases de données). Certains hedge funds analysent par exemple le langage utilisé par les analystes financiers dans leurs rapports sur une action. En général, des nuances positives ou négatives interviennent longtemps avant que l’analyste ne change sa recommandation d’achat ou de vente. Cette analyse linguistique constitue une opportunité d’investissement.


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