Le Temps: Nouveau chef santé et pharma de Novartis, Jerry Karabelas, 45 ans, vous allez tenter de motiver davantage les scientifiques. Pourquoi?

Jerry Karabelas: Dans la vie académique, lorsque vous êtes professeur ou chercheur, vous avez besoin de reconnaissance durant toute votre vie professionnelle. Vous la recevez à travers vos publications, vos séminaires ou vos interventions publiques. Dans une compagnie pharmaceutique, la visibilité est moindre. Et beaucoup de chercheurs sont happés par la hiérarchie et deviennent managers.

Ces jeunes chercheurs préfèrent parfois travailler dans des PME, en particulier américaines. Comment Novartis peut réagir à cela?

Les grandes firmes peuvent offrir des programmes de rachat d'actions à prix préférentiel. Il faut identifier les besoins de chacun, qu'ils soient financiers ou axés sur la recherche conduisant à une reconnaissance plus académique. La pire chose à faire, c'est de déplacer un chercheur et d'en faire un manager contre son gré.

Le secteur pharma a fléchi durant les deux premiers mois de l'année. Pourquoi?

Pour trois raisons. D'abord, les ventes du début de l'année 1996 avaient été extraordinairement importantes aux Etats-Unis. Ensuite, le Voltarène® s'est mal vendu au Brésil en janvier et en février. Enfin, les prix ont baissé de 9% au Japon.