Novartis souffre toujours de la perte de brevets

Pharma Les résultats du groupe bâlois sont aussi plombés par le cours du dollar

Moins bon qu’attendu en ce qui concerne le chiffre d’affaires, mais meilleur que prévu au niveau de la marge bénéficiaire. C’est en résumé la réaction des analystes financiers à la publication, jeudi, des résultats de Novartis au premier trimestre.

Le groupe pharmaceutique, en transformation après un échange de portefeuille de produits avec GlaxoSmithKline (GSK) en oncologie et dans les médicaments vendus sans ordonnance, tient sa comptabilité en dollars. Cette monnaie s’étant raffermie, Novartis enregistre une baisse de 7% de son chiffre d’affaires de janvier à fin mars, à 11,93 milliards de dollars (11,46 milliards de francs). Le bénéfice opérationnel diminue de 1%, à 2,78 milliards, et le résultat net recule de 6%, à 2,3 milliards.

Productivité en hausse

Des gains de productivité, notamment par des suppressions d’emplois liées à la centralisation de tous les services du groupe à cinq endroits dans le monde, ont pour conséquence une amélioration de la marge opérationnelle globale qui passe de 22% à 23,3%, et de 28,4% à 32,2% dans la division pharmaceutique.

Les charges de vente et de marketing diminuent de 15,4%, à 2,92 milliards, et celles de recherche et développement de 10%, à 2,19 milliards. Le groupe bâlois subit encore les effets de la perte de brevets, principalement celui du Diovan, un médicament contre l’hypertension, dont le chiffre d’affaires a chuté de 54% en un an, à 372 millions de francs.

L’anticancéreux Glivec, dont les ventes dépassent le milliard de dollars en trois mois, va perdre son brevet en juillet aux Etats-Unis, alors que la substitution en direction de son successeur breveté, Tasigna, n’est pas garantie, malgré une progression du chiffre d’affaires de 20%, à 372 millions, au premier trimestre. Les premières recettes résultant des nouveaux médicaments de GSK, acquis au terme d’une transaction qui a coûté 16 milliards de dollars à Novartis, sont tombées en mars. Ces six anticancéreux ont généré un chiffre d’affaires mensuel de 149 millions. Le médicament Diovan est en fin de vie pour Novartis, mais il occasionne encore quelques ennuis au groupe bâlois. Le procès pour manipulation de données cliniques est toujours en cours au Japon, où la société risque une amende de 32 000 francs.

A noter aussi un procès intenté en mars à New York pour discrimination sexuelle contre Alcon, filiale de Novartis. Les prétentions en dommages et intérêts, se montent à 110 millions de dollars.