Novartis poursuit sa réorganisation en Suisse et dans le monde et s’apprête à supprimer 2000 places de travail, dont 1100 en Suisse. En Suisse romande, le site de production de Prangins (VD) sera fermé. Dans l’immédiat, 320 emplois sont supprimés.

L’annonce de la restructuration a été faite mardi matin dans le cadre de la publication des résultats du troisième trimestre. Le groupe a réalisé une hausse de 12% du bénéfice net, soit de 3,53 milliards de dollars, selon un communiqué publié à Bâle. Le chiffre d’affaires progresse de 18% à 14,84 milliards de dollars.

A Nyon, l’entreprise a convoqué mardi matin l’ensemble de ses 700 employés à une assemblée extraordinaire pour leur faire part de sa stratégie. Plus tôt, la direction avait déjà rencontré les syndicalistes d’Unia et expliqué qu’un plan social sera discuté dès ce jeudi. Selon les premières informations, la fermeture de l’usine s’étendra sur plusieurs mois, mais 320 employés devraient recevoir leur lettre de licenciement dès cette semaine. Les autres partiront soit à la retraite anticipée, soit seront redéployés vers d’autres centres de production.

A Nyon se trouve la division OTC (médicaments en vente libre), spécialisée dans la recherche, le développement, la production et la commercialisation de nombreux produits vendus sans ordonnance.

Dans le courrier de convocation reçu par les employés dans la journée de lundi, la direction a annoncé la rencontre ce matin sans donner de précisions. Ils ont été informés qu’ils ne devraient pas reprendre le travail à l’issue de la réunion.

Présence des syndicats

En juin dernier, Novartis avait annoncé un plan de restructuration globale dans le but de réduire ses coûts et qui devait entraîner la fermeture de quatre sur huit sites en Suisse, dont le siège de la division pharmaceutique à Berne (180 personnes). Il était alors entendu que le site de production de Nyon ne serait pas touché. Le syndicaliste d’Unia Yves Desserard, qui était présent à la réunion avec la direction mardi matin, prévoit des réunions avec les employés tout au long de la journée. Il fait ressortir que la direction avait dénoncé la convention collective en juillet.

C’est toutefois à Bâle que les suppressions d’emplois seront le plus drastiques. Le groupe prévoit de fermer un site d’activités chimiques et d’en transférer la production vers d’autres sites de production dans le pays. D’autres activités (recherche et développement, gestion de données, surveillance des essais cliniques, sécurité des médicaments) seront délocalisées vers des pays à bas coûts. Le géant bâlois tient à préciser qu’il compte poursuivre ses plans d’investissements, qui comptent notamment 34 millions de dollars pour mettre en place un site technologique et 42 millions de dollars dans les activités chimiques à Bâle. La multinationale emploie environ 12 500 collaborateurs sur les 13 sites suisses. Au niveau mondial, 121 000 employés sont actifs dans 140 pays.