Une «bonne banque» pas si sûre que cela

Le mauvais rêve a commencé en juillet 2014 pour des milliers de clients de la Banco Espirito Santo (BES) vivant à l’étranger. La BES, empêtrée dans des affaires de fraudes et de malversations, annonce une perte historique de 3,5 milliards d’euros. En quelques jours, son cours en bourse s’effondre de près de 40%. Le gouvernement portugais n’a alors d’autre choix que de venir en aide à la deuxième banque du pays et d’injecter 4 milliards d’euros dans son capital. L’établissement est alors scindé en deux: les actifs «sains» sont réunis dans une entité baptisée «Novo Banco», tandis que les actifs «toxiques» sont regroupés dans une «bad bank». Le mécanisme vise à protéger les déposants et les créanciers les plus anciens tout en contraignant les actionnaires et les créanciers non prioritaires à mettre la main à la poche. Tant le premier ministre que le président de la Banque du Portugal affirment alors que la BES dispose des provisions suffisantes. Les petits épargnants se croient sauvés. Ils vont déchanter. Ceux de l’étranger voient leurs comptes, bien que transférés auprès de la Novo Banco, bloqués du jour au lendemain. Sans prévenir. Ils se battent depuis pour récupérer leurs biens.