L’expert

La numérisation propulse la demande de spécialistes marketing vers de nouveaux sommets

Les entreprises basées en Suisse, comme leurs homologues internationaux, font face à un défi croissant. Le rythme de la numérisation s’accélère toujours et les programmes de formation n’ont pas tenu le rythme de la demande. Cette pénurie de talents en marketing numérique a un coût élevé

La demande de spécialistes marketing atteint un niveau record depuis trois ans et les spécialistes du marketing numérique captent des salaires parmi les plus élevés de la branche marketing. Selon le Swiss Job Index de Michael Page, le nombre de postes marketing publiés a augmenté de +19% entre octobre 2016 et octobre 2017 – principalement dans le secteur de la communication numérique.

Les salaires des spécialistes du marketing digital talonnent ainsi ceux des directeurs marketing. Dans l’industrie pharmaceutique, par exemple, les responsables du marketing numérique peuvent gagner de CHF 150 000 à 220 000 par an – à comparer avec la fourchette de CHF 160 000 à 240 000 pour les directeurs marketing (source: Michael Page Sales and Marketing Study 2017).

Une pénurie qui coûte cher

Les entreprises dont le siège est en Suisse, comme leurs homologues internationaux, font face à un défi croissant. Le rythme de la numérisation s’accélère toujours et les programmes de formation n’ont pas tenu le rythme de la demande. Ainsi, les sociétés attendent de plus en plus des candidats aux postes seniors en marketing numérique d’avoir un master dans le domaine. Compte tenu de la rareté de ce cursus en Suisse, les meilleurs candidats sont généralement diplômés d’institutions reconnues en France, Allemagne ou Royaume-Uni.

Cette pénurie de talents en marketing numérique a un coût élevé. C’est la cause première de l’échec de campagnes, qui engendrent mauvaises affectations de budget, mauvaises interprétations des données et dépenses publicitaires sur des techniques obsolètes. Selon l’Online Marketing Institute, les compétences faisant le plus défaut touchent le marketing des médias sociaux (27%), le marketing analytique (37%), mobile (29%) et de contenu (27%).

Trois secteurs demandeurs

Les secteurs banque et assurance ont été précurseurs en marketing numérique, même si le niveau de leur demande de spécialistes du domaine s’est à présent stabilisé. Actuellement trois secteurs clés se démarquent par leur demande très forte de spécialistes de marketing numérique:

· Produits de grande consommation et grande distribution, qui doivent satisfaire une attente des consommateurs toujours plus forte concernant les possibilités d’achat en ligne «n’importe où, n’importe quand».

· L’Industrie, qui a révolutionné le rôle de ses chaînes d’achat et d’approvisionnement pour mieux répondre aux attentes des clients en termes de service, réduire les coûts et en accroître l’efficacité.

· Santé et Lifesciences (par ex. pharma, med-tech), afin d’améliorer leurs services aux consommateurs et aux professionnels de santé et de renforcer l’adhérence thérapeutique pour de meilleurs résultats.

Tout laisse penser que la poursuite de la révolution numérique va continuer, dans les deux ou trois ans à venir, à influencer les demandes de spécialistes marketing et leur niveau de salaire. On peut espérer que des initiatives conjointes du gouvernement et des milieux d’affaires, telles que «Digital Switzerland», contribueront à combler le manque de compétences à moyen ou long terme.

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