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C’est une vague invisible mais ô combien puissante qui frappe la Suisse: la numérisation. Aucune entreprise helvétique n’échappe à ce phénomène, pour lequel le pays n’est pour l’heure pas jugé assez armé.
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Technologie

Comment la numérisation touche la Suisse

La vague de la numérisation frappe de plein fouet la Suisse, qui commence à répondre à ce défi notamment via de nouvelles formations. Swisscom se profile en parallèle de plus en plus sur ce marché

C’est une vague invisible mais ô combien puissante qui frappe la Suisse: la numérisation. Aucune entreprise helvétique n’échappe à ce phénomène, pour lequel le pays n’est pour l’heure pas jugé assez armé. Lundi, à l’EPFL, Swisscom organisait une journée de conférences sur ce domaine. L’occasion de percevoir ses avancées sur ce marché, mais aussi de prendre conscience du risque de voir la Suisse distancée au niveau mondial.

Affirmer sans cesse que la Suisse est le pays le plus innovant au monde, en se basant simplement sur le nombre de brevets, c’est un piège majeur

D’abord, attention aux idées reçues. «Affirmer sans cesse que la Suisse est le pays le plus innovant au monde, en se basant simplement sur le nombre de brevets, c’est un piège majeur, a averti Laurent Haug, entrepreneur et investisseur. L’innovation technologique se développe toujours au cœur de la Silicon Valley, il ne faut pas prendre trop de retard.»

Autre orateur, autre avertissement: «La Suisse demeure proportionnellement le plus gros consommateur de technologie au monde, mais ces technologies sont de plus en plus industrialisées aux Etats-Unis, notamment dans d’immenses centres de données, et nous risquons de perdre du savoir-faire», a affirmé Edouard Bugnion, professeur à l’EPFL, où il dirige le Laboratoire de systèmes de centre de calcul.

Nouvelles formations à l’EPFL

Pour répondre à ce défi, l’EPFL va lancer notamment ces prochains mois un master en data science. «Actuellement, tout le monde sait récolter des données, qui sont le pétrole du XXIe siècle, poursuit le professeur. Mais interpréter et exploiter utilement ces données est un défi colossal. Nous mettons tout en œuvre pour former, en Suisse, les spécialistes de demain.» Le Swiss Data Science Center, lancé conjointement par l’EPFL et l’EPFZ, doit aussi mieux positionner la Suisse sur ce marché. «Et l’initiative Digitalswitzerland, fruit d’une collaboration entre les secteurs privé [ndlr: dont Ringier, copropriétaire du Temps] et public, doit mieux nous positionner. Il est urgent d’avoir une stratégie cohérente pour la numérisation.»

Pour Christian Petit, directeur de la division «entreprises» de Swisscom, forte de plus de 3000 employés, l’heure n’est plus aux grands discours. «La numérisation irradie toutes les entreprises et aucune ne doit manquer ce train qui avance si vite. Les projets concrets se multiplient en Suisse, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle: ces derniers mois, nous avons ainsi accompagné des clients qui ont inséré des chatbots [des agents conversationnels automatiques] pour dialoguer avec leurs clients.»

Opérations rapatriées en Suisse

Swisscom veut se profiler de plus en plus sur ce terrain, en aidant les entreprises à numériser leurs processus. «Nous le faisons pour la Suisse, car nous appartenons majoritairement à la Confédération. Mais nous le réalisons aussi pour gagner de l’argent, même si cette partie de conseil représente encore une faible part de nos revenus. Et nous avons l’avantage, face aux entreprises spécialisées dans l’audit, d’être nous-mêmes bouleversés par la vague de la numérisation», poursuit Christian Petit. Swisscom a ainsi récemment numérisé les 70 000 contrats qu’il a avec ses clients entreprises. «Avant cela, nos juristes prenaient deux à trois mois pour réviser et avaliser ces contrats, poursuit le responsable. Désormais, en s’aidant d’intelligence artificielle, cela ne prend plus que deux à trois jours.»

La numérisation permet d’être plus efficace et rapide. Mais aussi, dans certains cas, de rapatrier des opérations en Suisse, affirme Christian Petit: «Une grande banque, cliente chez nous, triait auparavant ses e-mails en Inde, avec une pertinence de 60%. Grâce à notre solution d’intelligence artificielle, ce taux de réussite est monté à 90% et cette activité a été rapatriée en Suisse.» L’opérateur doit par ailleurs lancer ces prochaines semaines une nouvelle offre de cloud computing (informatique en nuage) pour ses clients en Suisse.

«Faire davantage confiance aux employés»

Pour Christian Petit, il faut éviter, dans une entreprise, de vouloir tout numériser en une fois. «Il faut y aller projet par projet, problème par problème, pour agir très rapidement et accepter d’avoir parfois des échecs, qui auront peu de conséquences. Cela implique que la direction délègue davantage et qu’elle fasse plus confiance aux employés.»

Lire aussi: Swisscom veut s’imposer dans la numérisation

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