Ce plan, qui s’ajoute à de précédentes initiatives de la Maison Blanche pour mettre une bride à Wall Street, force les banques à choisir la nature de leur activité, les empêchant, entre autres, d’utiliser leurs propres liquidités pour acheter certains instruments financiers, notamment liés au marché immobilier.

«Bien que le système financier soit bien plus sain aujourd’hui qu’il n’était il y a un an, il fonctionne exactement selon les mêmes règles qui l’ont mené au bord de l’effondrement», a déclaré le président américain. «Ma détermination de réformer le système n’est que plus forte quand je vois le retour aux vieilles méthodes», a-t-il ajouté, estimant que «c’est exactement ce genre d’irresponsabilité qui rend cette réforme nécessaire».

La bourse de New York accentuait ses pertes jeudi après le discours: le Dow Jones perdait 1,78% et le Nasdaq 1,05%.

Le Wall Street Journal avait indiqué mercredi que les mesures prônées par le président Obama s’inspireraient de la loi qui jusqu’en 1999 imposait une séparation stricte entre banques d’affaires et banques de dépôt. Ces limitations iraient contre l’évolution du secteur bancaire constatée aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années, marquée par un important mouvement de consolidation et la constitution de géants financiers.

Barack Obama avait déjà annoncé le 14 janvier un projet de taxation d’une cinquantaine de grandes banques, destiné à permettre de récupérer les fonds publics dépensés dans le cadre du plan de stabilisation du système financier. Cette «taxe sur la responsabilité de la crise financière», censée s’appliquer pendant dix ans ou aussi longtemps que nécessaire pour un remboursement intégral de l’argent public engagé, doit permettre de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars, somme qui correspond au montant maximal des pertes envisagées par le Trésor sur le plan de sauvetage du système financier.