Il est intéressant de jeter un coup d'œil par-dessus notre épaule et de regarder ce qui s'est passé durant ces douze derniers mois, c'est-à-dire de fin mars 2006 à fin mars 2007.

Pour les investisseurs occasionnels qui ne suivent que de très loin l'évolution de leurs portefeuilles d'actifs financiers, les marchés, dans leur globalité, semblent avoir continué leur «lune de miel» entamée maintenant depuis 2003, et en particulier les actions.

En effet, il suffit de regarder la performance de l'indice des actions mondiales, le MSCI World Index, qui affiche une santé hors pair de 13,4% (en USD); si l'on ajoute encore les dividendes encaissés, nous en sommes à une performance de 15,8%. Que peut-on demander de plus?...

Cependant, le moins que l'on puisse dire, c'est que les professionnels de la branche n'ont pas passé que des nuits paisibles. Il suffit de se souvenir de la forte et brusque correction des marchés financiers entre la mi-mai et la mi-juin 2006, où la chute fut de plus de 11% en un seul mois. Que penser ensuite du rebond bien trop rapide lors des 15 derniers jours de juin, où les marchés se reprenaient de plus de 7%, cela pour mieux baisser de plus de 5,5% sur les deux premières semaines de juillet. La reprise qui s'ensuivit, permit de finalement passer un été un plus calme, malgré encore quelques secousses en août et une en novembre un peu moins grande sur l'«échelle de Richter»...

Par contre, sur fond de krach immobilier aux USA, les Bourses mondiales se sont remises à piquer du nez fin février, et cela avec des mouvements tout aussi rapides et brusques qu'au mois de mai. Le MSCI abandonnait cette fois plus de 6% en seulement une semaine, soit bien plus que la performance accumulée depuis le début de l'année.

Heureusement, les craintes ne devaient être que de courte durée, les actions récupérant ces 6% à fin mars, pour terminer la période sous revue (de mars 2006 à mars 2007) en hausse de 14,9%. Par contre, il n'est pas faux d'affirmer que les honoraires des gestionnaires, ayant atteint de bonnes performances dans ce contexte, n'auront de loin pas été volés...

Mais, en comparant à nouveau les actions aux obligations ordinaires, aurait-il été possible de faire mieux? Absolument pas, l'indice Lehman Brothers Global Aggregate (en USD) montre que la performance des obligations n'est que d'un modeste 5,6% sur la même période, à peine plus que le taux sans risque (Libor moyen en USD sur 1 an) de 5,39%.

Et les obligations convertibles dans tout cela? Comme le montre le graphique, les convertibles sont à nouveau le meilleur élève de la classe! En effet, non seulement ils s'en tirent encore une fois avec les honneurs en termes de performance absolue avec +14,9% en dollars, mais en plus le risque pris par cette classe d'actifs (la volatilité) n'est que de 6,56% sur la période, soit 1,6 fois moins de risque que les actions du MSCI, qui ont, quant à elles, une volatilité de 10,6% sur un an. Le meilleur moyen de comparer de manière chiffrée ce rapport entre risque et rendement est le ratio de Sharpe. Ce dernier consiste à déduire de la performance brute le taux sans risque, que l'on divise ensuite par le risque ou la volatilité. Ce rapport le montre en effet très bien, le ratio de Sharpe des convertibles est de 1,44, celui des actions de 0,75, et celui des obligations ordinaires de pratiquement 0. La performance ajustée au risque des convertibles est donc bel et bien près de deux fois meilleure que celle des actions, les obligations ordinaires étant vraiment hors course à ce stade de la compétition.

Avis aux gestionnaires de fonds souffrant d'insuffisance cardiaque...