Le conglomérat, contrôlé majoritairement par le milliardaire russe Victor Vekselberg via sa société de participation Renova et le groupe Victory, a essuyé en 2009 une perte sèche de 592 millions de francs, après un résultat négatif de 422 millions un an plus tôt.

Des effets exceptionnels de quelque 350 millions de francs ont péjoré le résultat, a précisé jeudi le groupe fondé en 1906. Ils incluent un amortissement de goodwill de 202 millions dans la division des machines textile.

Au niveau opérationnel, le groupe (anciennement Unaxis) a également creusé sa perte (EBIT) à 589 millions de francs, contre -59 millions en 2008.

L’exercice 2009 a été l’un des plus difficiles de l’histoire d’OC Oerlikon, relève ce dernier dans son communiqué. «Les investissements ont été gelés à un niveau sans précédent dans presque tous les secteurs» dans lesquels l’entreprise est active.

D’où un sévère repli de ses volumes d’affaires. Les entrées de commandes ont chuté de 28,8% à près de 3 milliards de francs. Le chiffre d’affaires a plongé de 37,9% à 2,9 milliards. L’ensemble des domaines d’activité a souffert. Mais le groupe a perçu des premiers signes de stabilisation au cours du deuxième semestre.

Suppression de 1400 postes d’ici à 2011 La cession d’activités, parmi lesquelles le secteur des semi-conducteurs et la division Space, ont rapporté 104 millions de francs.

La société ne s’est pas seulement défaite d’unités. Engagée dans un processus de restructuration depuis l’été 2008, elle a sabré des milliers de postes (2600 en 2009). D’ici à l’an prochain, elle entend biffer encore 1400 emplois, a averti le directeur opérationnel Thomas Babacan devant les médias au siège de l’entreprise à Pfäffikon (SZ).

Au total, OC Oerlikon aura supprimé 4000 emplois entre 2009 et 2012. A la fin de l’an passé, OC Oerlikon comptait encore 16’369 collaborateurs, dont 4000 étaient encore touchés par des mesures de réduction de l’horaire de travail.

Le groupe veut réduire ses coûts récurrents de jusqu’à 400 millions de francs d’ici à fin 2011. L’an passé, il a réalisé des économies de 237 millions, indique-t-il.

Il escompte un retour dans le vert sur le plan opérationnel au second semestre de cette année. Mais devant faire face encore à des coûts de restructuration, le groupe ne table pas sur un bénéfice net en 2010, a signalé à l’agence AWP Hans Ziegler, son patron ad interim depuis six mois. L’Allemand Michael Buscher lui succédera au mois de mai.

Restructuration de la dette Au-delà de ces ternes perspectives, OC Oerlikon, déficitaire depuis l’acquisition du fabricant de machines textile Saurer en 2006, verra effacer une bonne partie de sa dette qui se monte à quelque 2 milliards de francs.

Les négociations avec Renova et le consortium bancaire ont été «couronnées de succès», souligne le groupe. Au final, celui-ci pourrait renforcer ses capitaux propres de jusqu’à 1,3 milliard de francs et réduire sa dette de 77%.

D’une part, l’entreprise espère voir annuler jusqu’à 125 millions de dette bancaire. D’autre part, comme annoncé lundi, elle lèvera des capitaux via son plan de recapitalisation qui se traduira par une réduction de la valeur nominale des actions et par l’émission de nouveaux titres. Les actionnaires se prononceront sur le sujet lors de l’assemblée générale le 18 mai.