A dix jours d'une assemblée générale qui s'annonçait houleuse, Victory va-t-il céder son paquet d'actions OC Oerlikon (anciennement Unaxis) à Renova, groupe du milliardaire russe Viktor Vekselberg?

C'est en tout cas le scénario avancé jeudi par le magazine autrichien Format. Il se réfère à des sources anonymes proches du dossier. Une rencontre aurait eu lieu la semaine dernière entre les deux gros actionnaires du groupe schwyzois, actif notamment dans le solaire. Format cite Ronny Pecik, l'un des investisseurs de Victory qui avait pris le pouvoir dans Unaxis en 2005, au détriment du clan Anda-Bührle: «Les discussions sont en cours.» Mais, comme d'habitude avec Victory, les signaux sont multiples. «Rien n'a été décidé. Victory veut rester un actionnaire à long terme d'OC Oerlikon», ajoute Ronny Pecik.

Quant au prix voulu par Victory pour céder une participation qui avoisine environ 50%, avec les options, il s'élèverait, d'après le magazine, à 2,2 milliards de francs. Des rumeurs, estime l'investisseur autrichien.

Contacté, Markus Blume, porte-parole de Renova, ne souhaite faire aucun commentaire quant à un intérêt à cette transaction.

Aplanir les tensions

A l'approche de l'assemblée générale du 13 mai, une telle opération pourrait permettre d'aplanir les tensions entre Victory et Renova, suite à la montée en puissance du groupe russe. Il y a près de deux semaines, ce dernier annonçait détenir 32% du capital-actions du groupe schwyzois. Mais dans la foulée, le conseil d'administration d'OC Oerlikon, dirigé par l'autre investisseur autrichien de Victory, Georg Stumpf, affirmait que le droit à exercer sur les options n'était pas valable, en raison de préconditions non remplies. Aucune information supplémentaire n'était divulguée à ce sujet. De son côté, Renova s'était dit prêt à recourir à la voie judiciaire pour faire reconnaître ses droits.

Avec le scénario qui semble se dessiner, Victory pourrait surtout céder le contrôle d'OC Oerlikon en réalisant une jolie plus-value. La valeur des titres acquis en 2005 par la société de participations était inférieure à 200 francs. Le cours actuel atteignant près de 370, les investisseurs autrichiens réussiraient à plus que doubler leurs mises de départ.