Alors que la presse alémanique dominicale annonçait récemment que 9300 jeunes Suisses risquaient de ne pas trouver de place d'apprentissage à la rentrée, la situation semble nettement moins dramatique en Suisse romande. «Il n'y a pas de pénurie d'offres d'apprentissages», indique Grégoire Evéquoz, directeur général de l'Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue du canton de Genève.

Au contraire, le nombre de places disponibles sera supérieur d'environ 25% par rapport à l'année dernière. «Mais cela ne veut pas dire qu'il est facile pour un jeune de signer un contrat», tempère Grégoire Evéquoz. «Les employeurs sont très exigeants, autant au niveau des connaissances que de la présentation, et les adolescents qui sortent de l'école n'ont pas toujours les bons réflexes pour s'intégrer au marché du travail.»

Dans tous les cas, la recherche d'emploi n'est pas une tâche facile, même pour un adulte ayant déjà une bonne pratique professionnelle, relève le directeur général de l'office. C'est naturellement encore plus délicat pour un jeune de 15 ou 16 ans sans expérience. Si certains secteurs sont particulièrement convoités et ne peuvent pas offrir assez de places pour répondre à la demande des jeunes, d'autres domaines, moins porteurs, souffrent en revanche d'une véritable pénurie d'apprentis. Mais, globalement, l'offre et la demande sont en assez bonne adéquation, assure-t-il.

Quelque 4500 apprentis se forment actuellement en entreprises dans le canton de Genève, auxquels il faut ajouter 3700 jeunes qui suivent une école professionnelle à plein-temps en vue d'obtenir un certificat fédéral de capacité (CFC). L'an passé, le canton a connu un afflux record avec une nouvelle volée de plus de 2000 apprentis. L'Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle vaudois n'a pas pu répondre à nos questions.

L'exemple Micarna

Mais la situation des jeunes à la recherche d'une formation professionnelle semble favorable ailleurs aussi: Micarna, le centre de compétences de Migros dans les domaines de la viande fraîche, de la charcuterie, de la volaille et du poisson, a par exemple annoncé hier vouloir développer la formation en doublant le nombre de ses apprentis. Ceux-ci passeront ainsi de 50 à 100 ces prochaines années. L'entreprise de Courtepin (FR), qui fête ses 50 ans et emploie 2000 collaborateurs, entend aussi élargir l'offre des professions proposées à ses futurs apprentis, avec des métiers comme «mécapraticiens», qui travaillent l'acier affiné.