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Pour les Allemands, le nom du nouveau ministre des Finances, Olaf Scholz, est surtout associé aux réformes libérales de Gerhard Schröder, dont il a été le ministre du Travail, imposant au passage la retraite à 67 ans et la réduction des indemnités…
© STEFANIE LOOS/AFP PHOTO

Finances

Olaf Scholz, comme Wolfgang Schäuble, mais en plus coopératif

Le maire social-démocrate de Hambourg succède à l’intransigeant Wolfgang Schäuble à la tête des finances fédérales. Avec lui, l’Allemagne va conserver le cap rigoriste de sa politique budgétaire, mais adoptera un ton plus conciliant avec ses partenaires

Dès que son emploi du temps le lui permet, Olaf Scholz rame sur les innombrables canaux et bras de l’Elbe qui sillonnent Hambourg. C’est vue de l’eau qu’il préfère sa ville. A 59 ans, Olaf Scholz quitte désormais la perle de l’Elbe pour les bords de la Spree et le fauteuil de maire de Hambourg pour celui de ministre fédéral des Finances. A Berlin l’attend un lourd héritage: celui de Wolfgang Schäuble, l’intransigeant ministre des Finances d’Angela Merkel.

Lire aussi: Dernier mandat pour Angela Merkel

Avec Olaf Scholz, membre de l’aile droite du SPD et ancien bras droit de Gerhard Schröder, l’Allemagne conservera le cap rigoriste de sa politique budgétaire. Mais il adoptera un ton plus conciliant avec les partenaires de l’Allemagne.

Virage à droite continu

Cet avocat d’affaires a longtemps été inclassable en politique. Né à Osnabrück en 1958 dans le land de Basse-Saxe, il est entré chez les Jusos, le mouvement de jeunes du SPD, en 1975. Son ascension en politique est marquée par un virage continu à droite.

Maire de Hambourg depuis 2011, il est parvenu à se maintenir à la tête de la ville malgré la débâcle de l’organisation du G20, entaché par des débordements de violences de la part de l’extrême gauche en juillet dernier, alors qu’il avait promis d’assurer l’ordre dans la ville pendant la durée du sommet.

L’an passé, il s’était illustré au sein du Bundesrat, la chambre représentant les länder, lors des délicates négociations sur les transferts financiers entre régions riches et déshéritées.

Peu populaire dans son propre camp

Peu populaire auprès de la base du SPD, le nom de ce pragmatique un peu froid est surtout lié aux réformes libérales de Gerhard Schröder, dont il a été le ministre du Travail de 2005 à 2009, imposant aux syndicats la retraite à 67 ans et la réduction des indemnités chômage.

Angela Merkel pourra se rapprocher des propositions d’Emmanuel Macron, ce qui n’était pas envisageable avec Schäuble

Jürgen Falter, politologue

Malgré ce pedigree libéral, l’annonce en février qu’Olaf Scholz succéderait à Wolfgang Schäuble a provoqué une véritable onde de choc au sein de la CDU. «Lorsque le Ministère des finances passera au SPD, nos spécialistes de politique budgétaire devront redoubler de vigilance pour éviter que l’Allemagne ne fasse de nouvelles dettes sur le dos de nos enfants», avertissait Angela Merkel début février, lors d’une réunion de la direction de son parti conservateur.

Principe de l’équilibre budgétaire assuré

Depuis, Olaf Scholz a multiplié les propos rassurants, assurant conserver comme priorité le «Schwarze Null», c’est-à-dire le sacro-saint principe de l’équilibre budgétaire érigé par Wolfgang Schäuble. «Le Schwarze Null figure au contrat de coalition parce que les trois partis qui l’ont signé, CDU, CSU et SPD, trouvent que c’est une bonne chose», martèle le nouveau grand argentier du pays.

L’Allemagne ne va donc pas inverser le cours de sa politique de rigueur budgétaire. «Mais l’Allemagne sera tout de même plus flexible par rapport à ses partenaires européens, estime le politologue de Mainz Jürgen Falter. Il sera davantage prêt à envisager des exceptions. Olaf Scholz est plus conciliant que ne l’était Wolfgang Schäuble.»

Lire: Chantre de l'orthodoxie financière, Wolfang Schäuble quitte la scène européenne

Et le politologue de préciser: «Pour Angela Merkel, cela veut dire qu’elle pourra se rapprocher des propositions d’Emmanuel Macron, ce qui n’était pas envisageable avec Schäuble. D’autant que l’ancien ministre des Finances avait beaucoup plus de pouvoir que n’en aura son successeur. Sa parole pesait d’un poids énorme, du fait de son expérience et de son intransigeance. Venant du SPD, Olaf Scholz sera moins puissant. Son assise dépendra du soutien qu’il aura de la chancelière. Pour qu’il se passe quelque chose au niveau des institutions européennes, il faudra que l’Allemagne paie davantage, et ce sera possible avec Olaf Scholz. Ça ne l’aurait pas été avec Wolfgang Schäuble.» Au final, Angela Merkel ne serait pas si mécontente que la CDU ait cédé le Ministère des finances au SPD.

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