Industrie

Olav Silden, patron de Duracell pour l’Europe: «Nous avons décidé de rester à Genève»

La marque au lapin rose infatigable a inauguré mardi soir son nouveau siège genevois. Les explications de son président pour l’Europe, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique, Olav Silden

Duracell est le premier fabricant mondial de piles. Présente depuis vingt ans à Genève, avec des usines en Belgique, la marque américaine a été cédée par Procter & Gamble (P&G) pour près de 4,7 milliards de francs à Berkshire Hathaway, la holding de Warren Buffett. Résultat depuis janvier 2016: le siège genevois de la multinationale est passé de 43 à 66 employés. Un quartier général pour l’Europe, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique (EIMEA) qui a confirmé son attachement au bout du Léman ce mardi soir. Et même étendu son ancrage via l’inauguration de nouveaux locaux, situés dans le périmètre des Nations. Plus précisément, dans l’ancien bâtiment de son précédent propriétaire. Entretien avec le président de Duracell Genève, le Norvégien Olav Silden.

Le Temps: Qu’est-ce que cela a changé de passer des mains de P&G à celles de Warren Buffett?
Olav Silden: Nous y avons gagné en indépendance. D’une marque appartenant à Gillette puis à P&G, nous sommes devenus une entreprise 100% autonome. Nous avons ainsi repris le contrôle de nos ventes, de nos autres sources de revenus et de nos bénéfices. Sans oublier que nous maîtrisons à présent nos budgets, dans une perspective de croissance à long terme.

- Avez-vous longtemps hésité à quitter la Suisse, à la suite de votre rachat par la 3e plus grosse fortune du monde?
- Non. Dès l’annonce de reprise, nous avons procédé à une analyse minutieuse des options qui s’offraient à nous. Mais très rapidement, malgré les dizaines d’alternatives possibles, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il fallait maintenir notre présence à Genève.

- Pour quelle raison?
- Genève représente un emplacement stratégique, de par sa vivacité économique, sa proximité des centres de recherche et des organisations internationales avec lesquelles nous souhaitons créer davantage de ponts.

- Quelle est la nature exacte de vos activités dans le canton?
- Notre siège genevois est l’un de nos deux sites mondiaux dédiés à l’innovation. Il regroupe des spécialités de recherche technique et de marketing. C’est ici que nous développons notamment nos programmes de partenariats avec Logitech, Disney et Hasbro [souris sans fil, sabres lasers de la franchise Star Wars, etc., ndlr], sur par exemple la miniaturisation d’équipements.

- Quels sont les produits les plus gourmands en piles, lesquelles deviennent alors une source de déchets croissante?
- Les jouets. Et de loin. Mais le dispositif de contrôle de puissance que nous avons développé permet de vérifier l’énergie restante des piles, pour éviter de se poser la question si c’est le produit ou sa source d’énergie qui est déficiente. Aujourd’hui, plus d’un tiers des piles recyclées sont en réalité toujours en état de marche. Nous innovons pour éviter le gaspillage, avec des modèles qui durent jusqu’à 10 fois plus longtemps et sont exempts de métaux lourds. Ainsi que des emballages composés à 80% de papier recyclé.

- Etes-vous concernés par la 4e révolution industrielle?
- Oui, de plusieurs manières. Via la robotisation de nos sites de production, mais aussi à travers l’Internet des objets, qui nous ouvre des perspectives inédites. Les besoins de connectivité découlant des capteurs corporels, pour le sport et la santé, ou encore les technologies domotiques sont en plein essor. Pour faire marcher ce type de progrès, il faut des piles. On peut dire que notre marché ne s’est jamais aussi bien porté.

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