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La marque la plus importante de Swatch Group a inauguré jeudi au cœur de Bienne un nouveau site industriel de 16 000 mètres carré répartis sur cinq étages. Ses employés posent à la fenêtre le jour de l'inauguration.
© PETER KLAUNZER/KEYSTONE

Horlogerie

Omega dévoile son nouvel écrin biennois

La première marque de Swatch Group a inauguré un navire amiral de 16 000 m2 au centre-ville de Bienne

Omega s’habille de bois, de verre et de béton. La marque la plus importante de Swatch Group a inauguré jeudi au cœur de Bienne un nouveau site industriel de 16 000 m2 répartis sur cinq étages. Un navire amiral de 30 mètres de haut, 70 de long et 30 de large, imaginé par l’architecte japonais Shigeru Ban et intégralement dédié à l’assemblage des Speedmaster et autres De Ville – la production des calibres est maintenue à Villeret (BE) et à Granges (SO). Au total, 350 personnes y travaillent dans une ambiance rappelant davantage l’univers de la biotechnologie que celui des paysans-horlogers.

Le plus spectaculaire réside peut-être dans le cœur de ce bâtiment à 150 millions de francs. Une colonne vertébrale de béton y abrite une gigantesque halle sous-oxygénée (pour éviter les incendies) où dorment quelque 30 000 boîtes en plastique toutes remplies de composants. Deux «convoyeurs» – sorte de robots pilotés à distance – sillonnent en permanence cet espace de 30 mètres de long et de 14 mètres de haut à la vitesse de 50 km/h pour rassembler les composants commandés par les différents étages de l’usine. Un dédale de tapis roulants et de gares de triage permet ensuite de les acheminer jusqu’aux opérateurs qui peuvent ainsi poursuivre leur travail.

 Lire aussi: Raynald Aeschlimann: «L’Asie n’est pas un tracas pour Omega»

Impératifs logistiques

«En termes de logistique, on se rapproche de la perfection», note humblement le guide lors de la visite. Un impératif pour cette marque qui écoule plus de 700 000 montres par année. Ce bâtiment, qui sera la vitrine d’Omega pour les années à venir, est aussi un clin d’œil à son passé: en 1882, à ce même numéro 96 de la rue Jakob-Stämpfli, était inaugurée la fabrique Louis Brandt & Fils, qui deviendra plus tard Omega.

Certains observateurs voient dans cette inauguration la fermeture d’une parenthèse relativement douloureuse pour l’entreprise qui fut longtemps la plus importante marque de Suisse. Olivier Müller, ex-employé d’Omega passé consultant indépendant, rappelle ainsi qu’en 1975 l’entreprise a dû composer avec une baisse brutale de ses commandes (–40%) et licencier 570 de ses 2522 employés (la marque en compte aujourd’hui 3200).

Réorganisation de l’outil de production

«Avec la reprise de la marque par un groupe d’actionnaires autour de la famille Hayek et vu l’urgence de la situation, la manufacture Omega sera littéralement démantelée dès 1982», note Olivier Müller. Refusant de vendre la marque aux Japonais en 1983 (ils en proposaient un demi-milliard de francs), Nicolas Hayek préfère réorganiser intégralement son outil de production et confie la fabrication des mouvements Omega à ETA, basée à Granges (SO). Les affaires peuvent repartir.

L’arrivée de Jean-Claude Biver à la direction du marketing en 1993 contribuera à faire entrer Omega dans une nouvelle dimension. La seule année 1995, Cindy Crawford devient son égérie et James Bond s’y associe depuis le film GoldenEye de Martin Campbell. «Le mouvement coaxial lancé en 1999 a ensuite permis à Omega de retrouver son statut de manufacture, pointe Olivier Müller. Et le lancement en 2007 du calibre 8500 entièrement fabriqué à l’interne est encore venu renforcer ce statut.»

Une nouvelle page s'ouvre

Symboliquement, l’inauguration de ce nouvel outil de production permet de tirer un trait définitif sur ce chapitre. Et d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire d’Omega. «Chaque semaine, chaque mois, la demande pour nos produits est plus grande», soulignait le patron de Swatch Group, Nick Hayek, à l’heure de couper le ruban. Avec un sourire, le président d’Omega, Raynald Aeschlimann, donne encore un tour de vis: «Avec cette usine, nous sommes désormais prêts pour atteindre les 3 milliards de francs de chiffre d’affaires par an.»

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