Horlogerie

Omega livre une réponse mécanique au tout électronique

A Baselworld, le patron Stephen Urquhart répond aux doutes suscités par les nouveaux tests anti-magnétiques lancés par sa marque. Il défend aussi le savoir-faire accumulé à Hongkong, où les ventes sont en chute libre

Stephen Urquhart n’a pas de bâton. Mais il livre son message, tel un pèlerin: «Nous savons que cela va prendre du temps, mais j’espère que la certification Metas (ndlr: qui teste la résistance des chronomètres aux ondes magnétiques) deviendra un standard, comme l’est devenue l’étanchéité, il y a plusieurs décennies».

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Depuis son bureau provisoire de Baselworld, le patron d’Omega insiste: si sa marque s’astreint désormais à faire passer huit nouveaux tests à ses montres Master Co-Axial, en plus de ceux réalisés par le Contrôle officiel suisse des chronomètres (Cosc), «ce n’est pas pour être cool. Dans un monde où tout devient électronique, c’est un label de confiance. Les conséquences des ondes magnétiques sur la précision des montres mécaniques ne doivent pas être sous-estimées». Et Stephen Urquhart d’avancer un chiffre: chez Omega, 50% des problèmes détectés sont liés à ce genre d’interférences. «Certes, démagnétiser une montre n’est pas un exercice compliqué. Mais si nous pouvons éviter ces dérèglements, c’est encore mieux».

Si ce label est instauré par Omega, il ne lui est pas réservé. «C’est très important de le dire», souligne aussi celui qui tient les rênes de la marque depuis l’an 2000. D’autres marques peuvent y recourir et protéger leurs montres des ondes d’une autre manière. En ce qui concerne Omega, en tout cas, «cette nouvelle certification est notre avenir».

Hongkong n’a pas touché le fond.

Dans un autre registre, son discours est plus incertain. Il s’agit de Hongkong, où les exportations de montres suisses n’en finissent plus de chuter. En 2015, elles ont baissé de plus de 22%. «Je ne sais pas où cela s’arrêtera, mais on n’a pas encore touché le fond», prévient Stephen Urquhart. Toutefois, Omega n’abandonne pas le navire: «On a tendance à oublier que cette ville reste le premier débouché des montres suisses! Elle a par ailleurs acquis un grand savoir-faire dans le domaine du luxe, ce serait très dommageable de tout perdre».

Pour l’heure, la marque est en train de renégocier les loyers de ses surfaces. Elle ne fera par contre pas de sacrifices sur le prix de ses montres. «Les Chinois sont des gens pragmatiques, cela va se stabiliser», positive Stephen Urquhart.

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