Je suis présidente de l’Association culturelle des femmes musulmanes de Suisse et directrice de l’Institut culturel musulman à La Chaux-de-Fonds. A titre personnel, je perçois la campagne actuelle comme un faux problème, une diversion pour cacher les maux de notre société, tels le chômage et le financement des assurances sociales. Il est dommage d’en arriver là, d’avoir été guidé par l’UDC et ses meneurs.

Cette initiative nous prend pour des idiots. Un oui le 29 novembre pourrait d’ailleurs nuire à l’image de la Suisse à l’étranger, mais pas à la paix confessionnelle du pays.

Je comprends pourtant cette peur des Suisses pour les musulmans. Elle n’est pas nouvelle. Il y a d’abord eu les Italiens, les Espagnols, puis les Polonais. Maintenant c’est au tour des musulmans d’en faire les frais. L’incompréhension que certains partis politiques ont de l’islam fait qu’ils mélangent tout et amalgament les choses… un peu trop à mon goût. Nous sommes devenus la nouvelle minorité en Suisse. Il s’agit certes de la deuxième religion du pays, mais en termes de présence politique, sociale et culturelle, elle est très peu visible. Nous n’avons d’ailleurs pas de leaders politiques. Seuls des porte-parole choisis par les communautés musulmanes nous représentent au niveau communal. Mais cela ne m’empêche pas de me sentir bien intégrée, même si certains peuvent tenir un discours agressif envers les musulmans, sous prétexte que nous vivons dans un pays libre. Mais ils assimilent liberté et dévergondage. Si être une femme occidentale, c’est sortir tard la nuit avec des hommes, alors je ne suis pas occidentale si cela est la référence. Je ne sais pas si ce discours est compris, mais il est entendu. Tant pis si certains sont figés.

Jusqu’au 29 novembre, nous donnons la parole à des musulmans de Suisse, croyants ou non. Plus sur www.letemps.ch

L’islam et moi