technologie

OneVisage veut remplacer le mot de passe par le «selfie 3D»

La start-up lausannoise intéresse notamment le secteur bancaire

OneVisage remplace le mot de passe par le «selfie 3D»

Biométrie La start-up lausannoise a noué des contacts dans le domaine bancaire

Les systèmes d’authentification biométriques foisonnent: empreintes digitales, imagerie en deux dimensions, codes d’accès, reconnaissance par l’iris, la voix, les veines et même les vaisseaux rétiniens. La start-up lausannoise ­OneVisage, créée en 2013, vient de lancer un nouveau mode d’identification: la reconnaissance faciale en trois dimensions sur smartphone.

Christophe Remillet en fait la démonstration. Il prend son téléphone, bouge légèrement la tête de droite à gauche et de haut en bas. En quelques secondes, son «selfie 3D» est enregistré et une modélisation de son visage est créée. Celle-ci pourra dès lors, après analyse et vérification, déverrouiller son téléphone portable ou accéder à des sites sécurisés. Cette solution devrait permettre d’effectuer des achats sur Internet, d’accéder à des données confidentielles ou d’effectuer ses paiements bancaires. C’est ce que souhaitent Christophe Remillet et Alexandre Benhamou, les cofondateurs de l’entreprise.

«Des discussions sont bien avancées avec un futur client. Un contrat devrait être signé en avril», note Christophe Remillet, en croisant les doigts. La start-up travaille actuellement avec un groupe de banquiers privés en Suisse afin de développer un système d’accès sécurisé aux systèmes IT et aux outils de la banque. A terme, la start-up espère substituer sa solution aux mots de passe ou aux calculettes de sécurité («token»), qui souvent découragent les clients. OneVisage a également pour objectif de se positionner dans les services bancaires en ligne et de convaincre les services de paiement, de type Visa ou MasterCard

Invité au Mobile World Congress qui s’est tenu début mars à Barcelone, OneVisage a pu faire la démonstration de sa technologie, développée initialement à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich et à l’Université de Bâle.

Pour Christophe Remillet, l’avan­tage de son système par rapport aux technologies existantes réside essentiellement dans sa sécurité, son coût et son acceptation par le public. «Les selfies sont entrés dans les mœurs. En outre, une solution 3D est beaucoup plus difficile à contourner que toute imagerie en deux dimensions, que cela soit du visage, de l’iris, de la rétine ou des vaisseaux sanguins, explique-t-il. Le système capture en moyenne 25 000 points. Nous pouvons distinguer des frères jumeaux, précise-t-il. La technologie 3D existe depuis trente ans, mais elle n’a jamais été utilisée comme système d’authentification biométrique via le portable.»

La solution de OneVisage fait toutefois penser, en partie, à celle développée par KeyLemon. Cette start-up valaisanne a créé un logiciel de reconnaissance faciale 2D et vocale qui, combiné à un mot de passe traditionnel, accroît la fiabilité d’identification sur le Web.

Moins de trois secondes

Reste toutefois à finaliser la solution qui en est encore à ses débuts. Il s’agit notamment d’abaisser le temps d’authentification, qui est encore beaucoup plus long que l’entrée d’un simple mot de passe. «D’ici à dix-huit mois, l’utilisateur sera identifié en moins de 3 secondes», prévoit Christophe Remillet, qui souhaite aussi déployer son système biométrique aux ordinateurs, tablettes et lieux sécurisés. Toutefois, il s’agira à chaque fois d’avoir son portable à portée de main pour s’authentifier.

La start-up de cinq personnes vise un chiffre d’affaires d’un million de francs en 2015. Montant qu’elle espère doubler chaque année dès 2016.

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