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Opticale, le concurrent suisse de Pokemon Go

Une jeune start-up lausannoise lance Opticale, un nouveau jeu mobile d’exploration qui utilise la réalité augmentée et la géolocalisation. Si le jeu ressemble à Pokémon Go, il possède son propre univers mythologique

Dans les locaux du Studio Furinkazan apparaît subitement Les Cascades Célestes, une jungle paradisiaque visible à travers l’écran d’un smartphone. Une lumière rouge se déplace dans la pièce jusqu’à ce qu’on l’attrape sur un coin de bureau. Elle se transforme en un Tudù, un petit oiseau bleu irisé aux oreilles d’écureuil. C’est le principe d’Opticale, un nouveau jeu mobile gratuit dont le lancement sur iOS est prévu début septembre en Suisse et avant la fin de l’année à l’international.

La campagne marketing d’Opticale débutera sur les réseaux sociaux début août. Le but du jeu est d’explorer les Terres Astrales, un monde parallèle, et de découvrir les créatures extraordinaires qui y vivent. A la base du projet se trouve le Vaudois Soufian Mahlouly, fondateur de la start-up helvétique Studio Furinkazan.

L’histoire d’une petite start-up lausannoise

Le Studio Furinkazan se trouve à Lausanne, dans le sous-sol du bistro Le Petit Central, mais il réunit une trentaine de personnes partout dans le monde. Ils sont surtout Suisses, mais aussi Français, Finlandais et Québécois. La start-up, lancée en 2014, a été financée par des fonds personnels et ne repose sur aucun investisseur. Pour Soufian Mahlouly «ce choix donne une grande liberté au niveau créatif. C’est sans doute ce qui nous a permis de présenter quelque chose d’aussi aboutit aujourd’hui».

Opticale compte 71 animaux fabuleux, véritables chimères inspirées de différents mythes et contes. Par exemple, dans le lac Léman se cache le Grifftilon, qui fait référence aux histoires étranges qui gravitent autour du lac, aux explorations sous-marines de Jacques Piccard et à l’écusson de la ville de Genève. Un réalisme travaillé, comme le remarque Maurizio Rigamonti, chargé de cours à l’Université de Fribourg en design et programmation de jeux vidéos. «Lorsque j’ai testé Opticale, j’ai été troublé. L’histoire est tellement prenante et plausible qu’on se pose la question: mais c’est scientifique ça ou pas?».

Un développement huit fois moins cher

Malgré la profondeur de son univers, le Vaudois estime que le coût total du développement du jeu est de 100’000 francs suisses, «grâce au système D appliqué par pleins de start-up. Il faut une équipe qui y croit et qui est prête à faire des sacrifices, au niveau du temps de travail et au niveau salarial». D’après le fondateur, pour une entreprise aguerrie le coût d’un tel projet s’élèverait aux alentours de 800’000 francs suisses. «Il y a des nuits où je n’ai pas dormi, mais jamais je me suis dit que j’arrêterais».

Le financement de la plateforme reposera sur le système «pay-per-win», c’est-à-dire qu’il restera gratuit avec des options à acheter. Opticale a recours à la géolocalisation et à la réalité augmentée, comme le désormais célèbre Pokémon Go.

La concurrence de Pokémon Go

Si Soufian Mahlouly regrette que la sortie du jeu suisse soit aussi proche de celle de Pokemon Go, il n’est pas pessimiste: «Le succès de Pokémon, c’est la preuve qu’il y a un marché réel». D’après Maurizio Rigamonti, «ce ne sera pas évident, mais ça peut être profitable, puisque Opticale utilise des mécanismes auxquels le public est déjà sensible. Le potentiel est là, car derrière il y a une histoire qui est très travaillée».

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Et le fondateur du Studio Furinkazan compte sur cet univers pour se démarquer du phénomène Pokémon. «C’est le truc avec les jeux mobiles qui marchent, le lendemain on en retrouve des dizaines d’autres avec un habillage différent». Et pour cause, Ubisoft travaille déjà sur un projet qui utilise aussi la réalité augmentée et la géolocalisation. Soufian Mahlouly conclut: «On ne possède pas un système de jeu inédit, mais on est propriétaire d’un univers incroyable».

Un univers que Soufian Mahlouly est prêt à exploiter davantage encore. «Plus tard, on voudrait proposer d’autres expériences transmédias, via des bandes dessinées par exemple. L’histoire est suffisamment fouillée pour s’y prêter!».

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