football

Optimisation fiscale à la zougoise pour Lionel Messi

Le joueur star de Barcelone et de l’Argentine utilisait deux sociétés suisses pour contourner le fisc espagnol. C’est ce qu’affirme un acte d’accusation révélé par l’ONG britannique Global Witness

Optimisation fiscale à la zougoise pour Lionel Messi

Football Détails révélés par Global Witness

Le footballeur argentin Lionel Messi et sa famille ont utilisé deux sociétés suisses administrées depuis Zoug pour dissimuler des revenus se montant en millions d’euros au fisc espagnol. C’est ce qu’affirme un acte d’accusation de la justice ibérique publié vendredi par l’ONG britannique Global Witness.

Lundi, un tribunal avait rejeté la demande du parquet de Barcelone de classer les poursuites pour fraude fiscale visant Lionel Messi. Selon le parquet, le joueur ignorait comment étaient gérés ses revenus, cette tâche étant assurée par son père. Le tribunal a au contraire estimé que Lionel Messi pouvait avoir eu connaissance de la fraude présumée.

Adidas, Pepsi, Danone…

Au cœur de l’enquête figurent les sociétés suisses Lazario GmbH, aujourd’hui en liquidation, et Tubal Soccer Management. Les deux structures sont administrées par Vitop Consulting, une société fiduciaire zougoise. Son directeur, Albert Villiger, qui n’a pu être joint vendredi, affirmait l’an dernier n’être «nullement dans une relation contractuelle ou de confiance avec la famille Messi», indiquait-il à la Handelszeitung .

L’acte d’accusation espagnol date du 12 juin 2013, mais son contenu n’avait été révélé que par bribes. Il a été diffusé dans son intégralité vendredi par Global Witness. Pour l’ONG, l’affaire doit pousser la Suisse à divulguer «qui possède et contrôle réellement» les sociétés écrans utilisées dans les affaires de ce type.

Dans leur acte d’accusation, les procureurs espagnols indiquent que «les compagnies qui souhaitaient utiliser l’image de Lionel Andrés Messi devaient passer par des sociétés basées dans des pays, Grande-Bretagne et Suisse, ayant signé de nombreux accords de double imposition [avec des Etats à fiscalité lourde], et dont la législation permet aussi que les revenus soient dirigés vers des paradis fiscaux (Belize, Uruguay) où se trouvaient les sociétés recevant les droits d’images du joueur».

Adidas, Pepsi, Danone, Procter & Gamble, ou encore le FC Barcelone ont ainsi versé quelque 10 millions de dollars au joueur entre 2007 et 2009, sans que le fisc espagnol en ait eu connaissance à l’époque.

Publicité